Par
Laure Gentil
Publié le
31 déc. 2025 à 14h16
Le CHU de Nantes continue à innover. Depuis le 10 septembre 2025, le service d’anatomie pathologique « numérise ses lames et les pathologistes les interprètent directement sur ordinateur via un système de gestion d’images », a communiqué le CHU. « Avec la numérisation, chaque lame, support de l’échantillon tissulaire, est transformée en une image numérique haute résolution (environ 1,2 Go par lame). » L’image est ensuite interprétée directement à l’écran d’ordinateur par les professionnels « grâce à des scanners en haute résolution et haut débit. »
Il s’agit, selon le CHU de Nantes, d’une « avancée technologique majeure » permettant « de mieux diagnostiquer les cancers grâce à l’IA et de développer la coopération inter-établissements à l’échelle de la région ».
C’est quoi une lame ?
Alors non, il ne s’agit pas d’un couteau. Dans le cas présent, lorsque l’on parle de lame, c’est pour parler de la petite plaque de verre utilisée pour poser et maintenir un échantillon préparé pour une observation au microscope.
Un meilleur partage des images
Ce changement « révolutionne le quotidien des équipes », assure le CHU. Les diagnostics sont notamment plus précis « grâce à des outils d’analyse d’image et à l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) ». Cela permet aussi un meilleur partage des images entre le CHU de Nantes, les Hôpitaux de Vendée (CHDV) et le Centre Hospitalier de Saint-Nazaire (CHSN). Ces trois établissements sont « partenaires d’APDiA (Anatomie Pathologique Digitale Atlantique) » et la numérisation des lames facilite « les échanges pour le soin, la recherche et l’enseignement ».
La pathologie numérique constitue une nouvelle ère pour nos pratiques. Elle améliore la précision diagnostique, renforce la collaboration entre les établissements et ouvre la voie à l’intelligence artificielle.
Dr Delphine Loussouarn
Médecin pathologiste au CHU de Nantes, responsable médicale du projet de pathologie numérique et du développement de l’IA.
L’IA, le futur du diagnostic ?
Le CHU de Nantes se distingue par un « déploiement simultané de la pathologie numérique et de l’intelligence artificielle ». Pour cela, le CHU développe des IA académiques en interne, et intègre des « solutions d’IA industrielles ».
Les IA académiques sont développées par le Dr Raphaël Bourgade, assistant hospitalo-universitaire au CHU de Nantes, pathologiste et data scientist. Ce dernier a conçu une IA prédictive dans le cadre des cancers de l’ovaire. Quant aux IA industrielles, les docteurs Karine Renaudin, Christine Kandel Aznar et Delphine Loussouarn, pathologistes au CHU de Nantes, ont été lauréates d’un appel d’offres interne pour développer une solution d’IA d’aide au diagnostic du cancer de la prostate.
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