« C’est drôle qu’on m’ait remis le prix de l’innovation. Les automates traditionnels comme ceux que je fabrique existent depuis l’Antiquité. » À 33 ans, Martin Ravel est le cerveau de l’atelier Automata, une petite société productrice de modèles réduits qui s’animent au moyen d’une manivelle. Dans son appartement du 6e arrondissement de Marseille, cet ancien architecte conçoit lui-même ces petites sculptures mouvantes et les fabrique à l’aide d’imprimantes 3D. Lundi 1er décembre 2025, il a été récompensé lors de la remise de prix du label « Fabriqué à Marseille ».

L’artisan a commencé, en 2023, par la création de son modèle phare : le gabian. Il a poursuivi avec un personnage en scooter, qui réalise une roue arrière lorsqu’on le met en mouvement. « J’ai commencé par représenter ma région et ensuite j’ai élargi », commente-t-il en passant une main dans sa barbe blonde. Ses flamants roses se vendent aujourd’hui jusqu’en Floride et ses canards en Allemagne.

Une production écoresponsable

Il faut environ trois mois à Martin Ravel pour créer un automate. « Après avoir eu l’idée, il faut la dessiner, puis faire un premier prototype, puis un deuxième, un troisième… », énumère le créateur. Un travail long et fastidieux, qui a beaucoup à voir avec la précision de l’horlogerie. « Faire un automate, c’est facile. Mais je dois m’assurer que je peux en sortir 100 et que tous fonctionneront. »

Pour la fabrication, l’artisan utilise du polycarbonate alvéolaire (PCA), un plastique biosourcé, conçu à partir d’amidon de maïs. Une manière pour lui de conserver une production écoresponsable, pauvre en émission de carbone.  » Je maintiens un rythme de très petite production, développe-t-il. Je travaille à la commande, donc je n’ai pas de surplus. » Même ses emballages sont en matières recyclées et recyclables.

« Technique et poétique »

Disponibles dans seulement trois boutiques de créateurs, à Marseille, et sur la page de vente en ligne de l’atelier, les automates sont vendus en kit. « Une fois acheté, on détache les pièces les unes des autres et on a plus qu’à tout monter », explique Martin Ravel. Pour ce faire, les maquettes sont vendues avec une notice, réalisée elle aussi par l’artisan.

Pourquoi troquer l’architecture contre les automates ? « C’est à la fois très technique et poétique », détaille Martin Ravel. Petit-fils de menuisier, l’artisan souhaitait aussi faire un travail plus manuel et concret. « Quand on est architecte, on a un rôle de chef d’orchestre : on passe beaucoup de temps à organiser. Là, le fruit de mon travail vient réellement de mes mains. »

Disponible aux boutiques Détour (6e), UndARTground (2e), Chez Laurette (6e) et sur la page Etsy Atelier Automata.