Ce sont des mots, sigles, acronymes ou expressions que vous avez pu lire tout au long de l’année sous la plume des journalistes de l’édition marseillaise de La Provence. Barbarismes administratifs, termes techniques ou gimmicks politiques, ils n’ont pas toujours reçu définition dans nos articles. Pour être bien sûrs de les avoir compris, en ce premier jour de l’année et parce qu’ils vont aussi faire l’actualité en 2026, La Provence vous donne (enfin !) l’explication de texte.

BHNS

Si la première ligne de Bus à haut niveau de service (BHNS) a vu le jour dans les quartiers Nord il y a plus de onze ans, 2025 aura été marquée par l’inauguration de deux nouvelles, la B4 reliant Gèze (15e) à la Fourragère (12e) et la B5 de la Fourragère (12e) à la Gaye (9e). Une autre, la B3, est née de la fusion des B3A et B3B, entre Saint-Jérôme (13e) et le technopôle de Château-Gombert (13e). Le principe d’un BHNS est de proposer une fréquence attractive et une grande amplitude horaire en faisant circuler de très grands bus dans des voies réservées qui font l’objet de priorités aux feux tricolores. Reste qu’il est impossible de réserver toutes les voies de son tracé et que quand ça bouchonne sur l’avenue de la Rose, sur celle de Saint-Antoine ou sur la L2, le niveau de service n’est plus aussi haut…

Clientélaire

Depuis la théorisation du concept de clientèle électorale, au milieu du XXe siècle, ce sont les termes « clientélisme » ou « clientéliste » qui ont été utilisés pour mieux le dénoncer. Depuis son entrée en campagne fin novembre 2025, Sébastien Delogu (LFI) préfère employer le mot « clientélaire ». La transition n’est pas anodine : le suffixe « isme » renvoie à une idéologie, une doctrine ou une attitude générale. Le néologisme utilisant le suffixe « aire » paraît moins brutal et frontal, puisqu’il renvoie plutôt à une simple pratique. Mais cette subtilité perd tout effet lorsque le candidat insoumis accole « clientélaire » à « système » et « corrompu », comme il l’a fait le 21 novembre 2025 chez Ici Provence au sujet de la Ville et du Département, qui a d’ailleurs porté plainte contre lui.

Écologiste raisonnable

C’est à Renaud Muselier qu’on doit la paternité du qualificatif « écologiste raisonnable« , principalement pour désigner son conseiller régional, l’ex-EELV et Modem Christophe Madrolle. Repris par Martine Vassal, il est censé illustrer un rassemblement qui ne se limiterait pas à la droite. Mais peut-on être « raisonnable » lorsqu’on est écologiste ? « L’écologie est forcément radicale, sinon c’est du jardinage », a tranché l’allié de LFI Sébastien Barles, pour signifier la nécessité de décisions fortes – et pas forcément populaires – face au bouleversement climatique en cours. Reste donc à trancher : cette catégorie concerne-t-elle les écologistes mus uniquement par la raison (et pas les sentiments) ? Ou ceux qu’on estime pouvoir raisonner, c’est-à-dire qu’on peut contrôler ? Vous avez trois mois pour trancher.

Epage Huca

Prenez les premières lettres des mots formant le concept d’établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau. Ajoutez-y la contraction des cours d’eau qu’il supervise – Huveaune, (fleuves) côtiers et Aygalades. Brassez le tout et vous obtiendrez le magnifique acronyme Epage Huca. Cet organisme public a pourtant un rôle capital : améliorer la gestion des cours d’eau de la région marseillaise pour éviter les inondations. C’est ainsi ce qu’il a fait, en lien avec la Métropole, en aménageant les berges de l’Huveaune à la Pomme (11e). Résultat : un nouveau parc public livré en 2025, qui servira également de zone d’expansion des crues.

Expected goals

Tout supporter olympien a forcément entendu parler des « expected goals« . Utilisée depuis une dizaine d’années, cette expression a pris de plus en plus d’ampleur dans le débat footballistique, au point de parfois résumer à lui seul le contenu d’un match. « Buts attendus » en bon français, cette expression désigne les situations de jeu au cours d’un match lors desquelles un but aurait dû intervenir. Un faible ratio d’expected goals serait le résultat d’un match terne, au contraire, un chiffre élevé signifie que la rencontre a été spectaculaire. Selon l’analyste Opta, l’OM a ainsi été la 3e équipe d’Europe en la matière avec 45,7 expected goals à domicile sur l’année 2025. Mais dans la vraie vie, sur la même période, les fidèles du stade Vélodrome ont pu admirer 55 buts. Ou quand la réalité dépasse le virtuel…

Fascines

Le 13 août dernier, un peu plus d’un mois après l’incendie qui a rendu inhabitables 91 bâtis à l’Estaque, des fascines ont été installées par des agents municipaux dans le vallon qui borde la montée des Iris (16e). Le terme désigne des structures composées de branchages enchevêtrés et assemblés de manière à former un barrage. Objectif ? Solidifier le terrain et éviter des coulées de boues lors des épisodes pluvieux, épisodes qui n’ont pas manqué de frapper à leur tour les terres brûlées de l’Estaque, quelques semaines plus tard…

Galvanoplastie

La galvanoplastie est une technique utilisée dès le XIXe siècle qui consiste à déposer une fine couche de métal sur un objet en utilisant un courant électrique. À Marseille, le mot a résonné depuis le sommet de Notre-Dame de la Garde tout au long des travaux de restauration des façades de la basilique et de la statue de la Vierge inaugurés début décembre. Et pour cause, la figure protectrice de Marseille haute de 11,20 m, dessinée par l’architecte Henri-Jacques Espérandieu et dessinée par le sculpteur Eugène-Louis Lequesne a été réalisée par le maître-orfèvre Christofle à partir de 1853 grâce à la galvanoplastie. La technique consistait donc à déposer une fine couche d’or sur le cuivre afin de protéger au mieux la statue contre les détériorations du temps et des éléments. « Aujourd’hui encore, elle reste la plus grande statue du monde réalisée avec ce procédé », rappelle Xavier David, architecte en charge du chantier.

Îlot démonstrateur

Pour les élus responsables de la réhabilitation des logements délabrés du centre-ville de Marseille, les îlots démonstrateurs sont la preuve que les choses avancent. Le Projet partenarial d’aménagement né après le drame de la rue d’Aubagne en 2018 en a identifié cinq : deux à Noailles, un à la Belle-de-Mai, un à la Villette et un îlot de 66 immeubles multisites répartis dans la ville. En réalité, le terme « îlot » renvoie à la notion d’îlot d’immeubles. Dans le langage courant, on parlera du pâté de maisons. « Démonstrateur », lui, renvoie à l’expérimentation des actions juridiques, techniques et économiques que la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-In) entend généraliser à l’échelle de tout le centre-ville.

Mise en grille

C’est le rapport de la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) fin août qui a mis en lumière cette pratique de la « mise en grille » à l’Établissement pour mineurs de la Valentine. Dominique Simonnot avait ainsi réclamé « la fermeture, au moins partielle » de cette prison marseillaise en raison de conditions d’incarcération indignes. Jugée « inhumaine et dégradante » par la CGLPL, la « mise en grille » était une pratique qui consistait à « enfermer un adolescent, quel que soit son âge, dans un des trois locaux barreaudés, dépourvus d’assise, de point d’eau potable et de WC, situés dans le bâtiment disciplinaire désert, où aucune surveillance continue n’est assurée », détaillait-elle. Une mesure dont la durée variait d’une demi-heure à cinq heures et qui a depuis été proscrite par le ministre de la Justice Gérald Darmanin.

La cité des Rosiers (14e) fait partie des quatre opérations de requalification des copropriétés dégradées d'Intérêt national (Orcod-In).La cité des Rosiers (14e) fait partie des quatre opérations de requalification des copropriétés dégradées d’Intérêt national (Orcod-In). / Photo Gilles BaderOrcod-In

Les opérations de requalification des copropriétés dégradées d’Intérêt national (Orcod-In) sont des dispositifs hors normes pour lutter contre les copropriétés dégradées. Ils incluent des opérations d’aménagement, un plan de relogement et d’accompagnement social des occupants, la mobilisation des dispositifs coercitifs de lutte contre l’habitat indigne, la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde, etc. À Marseille, quatre copropriétés dégradées vont faire l’objet d’une Orcod-In : le Mail (14e), la Maurelette (15e), les Rosiers (14e) et Consolat (15e). Annoncées dès 2023 par Emmanuel Macron, elles constituent un « jalon majeur du plan Marseille en grand ». Ces rénovations, sous le pilotage de l’État, vont toucher 9 000 Marseillais et 2 600 logements.

PLM

En mars prochain, les Marseillais expérimenteront un nouveau mode de scrutin après la réforme de la loi PLM en 2025. Désormais, les électeurs désigneront le conseil municipal (chargé lui d’élire in fine le ou la maire) à l’échelle de la ville. Mais ce ne sera pas fini avec les secteurs municipaux : un deuxième scrutin (avec un deuxième bulletin à glisser dans l’urne) permettra en même temps de voter pour son conseil d’arrondissements. À noter que les trois lettres PLM n’auraient pas dû être utilisées dans cet ordre : en 1982, Gaston Defferre écrit une loi baptisée « PML », dans l’ordre des initiales des trois plus grandes villes de France. Mais l’analogie historique avec la compagnie de chemin de fer PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), qui a desservi Marseille pendant 80 ans, l’a emporté dans l’usage courant.

En mars prochain, les Marseillais expérimenteront un nouveau mode de scrutin après la réforme de la loi PLM en 2025.En mars prochain, les Marseillais expérimenteront un nouveau mode de scrutin après la réforme de la loi PLM en 2025. / Photo Frédéric SpeichPnaco

La loi contre le narcotrafic promulguée en juin a acté l’installation d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco). Il prendra place à compter de ce 1er janvier à Paris, avec à sa tête Vanessa Perré, directrice de l’Agence de gestion et recouvrement des avoirs saisis (Agrasc), une spécialiste de la lutte contre le blanchiment d’argent sale. Martine Vassal, la présidente (DVD) du Département et de la Métropole et Benoît Payan, le maire (DVG) défendaient une implantation à Marseille.

Scories

Ceux qui n’habitent pas sur le littoral Sud, ont découvert ses scories avec le chantier XXL de dépollution qui s’y déroule depuis septembre. Depuis plus d’un siècle, des dépôts historiques de résidus industriels (traitement de minerais de plomb, production de soude et d’acide tartrique) polluent les calanques marseillaises. Appelés scories, ces résidus affleurent en bord de route car ils ont été utilisés comme remblais mais aussi sur les plages, dans la nature et dans l’eau et recèlent différents polluants, surtout du plomb et de l’arsenic. L’Ademe a été missionnée pour traiter et sécuriser les sites entre Mont-Rose et Callelongue. Les travaux se poursuivent jusqu’en mars 2026 pour la première phase, ils reprendront ensuite en septembre 2026 jusqu’en mars 2027.

Spem

Vous vous souvenez de la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-In) créée en 2019 pour faciliter le traitement de l’habitat dégradé de la Métropole en mettant autour de la table trois actionnaires, État, Métropole et Ville ? C’est la même idée qui a donné naissance en 2022 à une autre Spla-In dédiée aux écoles de Marseille. Actionnaires à parts égales, l’État et la Ville mettent ainsi en œuvre à travers la Société publique des écoles marseillaises (Spem) le plan Marseille en grand impulsé par Emmanuel Macron en 2021 en rénovant ou en construisant près de 200 écoles sur une décennie. En 2025, parmi les quinze écoles inaugurées, onze étaient inscrites dans le plan Marseille en grand.

Aménagement transitoire

En matière d’urbanisme, les opérations d’aménagement s’appuient sur un vocabulaire qui s’enrichit. Temporaire, transitoire… Certaines requalifications laissent donc des espaces publics qui changeront de visage progressivement, par phases transitoires. On a ainsi pu observer le changement progressif de la place de la Providence : en 2024, l’immense parking a disparu au profit de buttes végétales avec une installation de mobilier urbain en bois. En mars, les travaux se poursuivront avec la plantation d’une cinquantaine d’arbres. Il faudra patienter encore un an pour que la place végétalisée montre son visage définitif : avec une estrade en bois et des jeux d’enfants.

Pépites naturelles

Pépites naturelles : un terme inventé par la Ville pour valoriser ses terrains à l’abandon. La municipalité a lancé un appel à projets qui concernait 7 friches urbaines naturelles (les Fun qui seraient au nombre de 300 à Marseille, la première d’entre elles, nommée Auguste Marin (8e) est d’une superficie de 7 900 m² et abrite 51 espèces végétales). Autant « d’îlots de nature, espaces de fraîcheur, lieux de ressourcement où les habitants aiment à se promener et des sites d’éducation à l’environnement », précise la mairie sur son site. Leur objectif ? Donner aux Marseillais le goût de la nature en ville et valoriser la biodiversité en bas de chez soi. C’est le dossier de « Plus belle ma friche » qui a été retenu pour la gestion écolo de ces « pépites » qui sont mises à disposition pour quatre ans à 10 associations en partenariat avec la Cité des transitions.

Four à débris

Le four à débris est un bâtiment destiné au tri des restes exhumés des anciennes tombes. À l’automne 2023, lors d’une visite au four à débris du cimetière Saint-Pierre, le directeur des opérations funéraires Djilali Mekkaoui et la cheffe du service des cimetières communaux Aimée Thomine Desmazures ont découvert « des os partout, des reliquaires alignés avec un amas de mâchoires » ainsi qu’une poubelle avec « des crânes et des os en vrac ». Les cinq fossoyeurs qui travaillaient au sein de ce service ont fait l’objet d’une sanction disciplinaire dès le printemps 2024 : quatre ont été révoqués, le cinquième a été exclu de ses fonctions pour deux ans. Ils ont fait appel devant le tribunal administratif qui a rejeté leur demande en décembre 2025. Une enquête judiciaire a par ailleurs été ouverte et est toujours en cours.

HSA

Depuis des mois, les milieux associatifs qui suivent les toxicomanes et certains collectifs d’habitants du centre-ville confrontés au quotidien à la consommation de drogue réclament la création d’une Halte soins addictions, autrement dit une « salle de shoot ». C’était aussi une promesse de campagne du Printemps marseillais. Elle n’existe toujours pas. L’ancien préfet Georges-François Leclerc avait posé son véto. Le nouveau, Jacques Witkowski, qui a pris ses fonctions le 1er décembre, est moins catégorique. « Il y a deux approches possibles : une sécuritaire – on ne peut pas consommer de stupéfiants – et une plus pragmatique – les consommateurs sont là, autant en accompagner le plus possible médicalement et socialement, a-t-il indiqué à la presse. Si l’ARS me démontre l’intérêt sanitaire et s’il y a un consensus autour des acteurs… »

Manifestation de riverains et d'élus de l'opposition contre le projet d' une salle de consommation de drogues encadrée (salle de shoot, halte soins addictions) pour les toxicomanes, dans un bâtiment du 110 boulevard de la Libération (4e arrdt),...Manifestation de riverains et d’élus de l’opposition contre le projet d’ une salle de consommation de drogues encadrée (salle de shoot, halte soins addictions) pour les toxicomanes, dans un bâtiment du 110 boulevard de la Libération (4e arrdt),… Zerbib – LP – Gilles Bader – Gilles BaderSectorisation de la police municipale

C’est la doctrine à l’œuvre au sein de la police municipale depuis 2020 et un des marqueurs des villes de gauche qui défendent une police municipale de proximité. Il s’agit de déployer les effectifs (800 agents d’ici fin mars) en différents points de la ville afin de mieux mailler le territoire. En plus des bases Nord (Plombières, 3e), centre (Vallier, 4e) et Sud (Haïfa, 8e), des antennes de proximité ont ouvert sur la Canebière (1er), rue Loubon (3e) et à Saint-Jérôme (13e).

NOx

Ces émissions d’oxyde d’azote émises par la combustion des carburants fossiles ont encore fait parler d’elles. Monoxyde d’azote, dioxyde d’azote, protoxyde d’azote… des polluants atmosphériques qui contribuent à l’effet de serre et qui polluent l’air que respirent les Marseillais. Si Atmosud constate « une amélioration de la qualité de l’air à Marseille sur les dix dernières années », l’observatoire de surveillance de la qualité de l’air de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, estime que « 17% des décès annuels sur notre territoire » sont encore causés par la pollution de l’air.

Trait de côte

C’est ce trait de côte qui désigne la ligne qui marque la limite jusqu’à laquelle peuvent parvenir les eaux marines, symbolisant aussi la limite du Domaine public maritime (DPM). Malheureusement, en 2025, on a pu constater que son recul. L’érosion côtière est en effet accélérée par le dérèglement climatique et les aménagements réalisés par l’homme au fil du temps que les banquettes de posidonie, barrières naturelles, ne suffisent pas à atténuer. Sur la plage de la Pointe Rouge, le trait de côte a reculé de 2 m sur 15 ans.

Jumbo

Après les opérations Place nette en 2023 puis Place nette XXL en 2024, place aux opérations Jumbo. Lancées au printemps 2025 par le ministère de l’Intérieur, elles ont vocation à « restaurer la sécurité du quotidien ». En octobre, une opération Jumbo dans le quartier Belsunce à Marseille en plein coup de feu de midi avait conduit à la fermeture de six snacks. Le 9 décembre, le préfet Jacques Witkowski a toutefois préféré parlé d’opération d’ampleur plutôt que de Jumbo à propos de l’opération anti-narco qui a mobilisé 1 500 policiers.