• Une femme de 48 ans est décédée et cinq personnes ont été blessées dans un accident survenu lundi soir à Lyon.
  • Des bonbonnes de protoxyde d’azote ont été découvertes dans le véhicule mis en cause, dont le conducteur, âgé de 20 ans.
  • Une enquête pour homicide routier aggravé est en cours, alors que le gouvernement cherche à durcir la législation sur la vente de « gaz hilarant ».

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Le fléau du protoxyde d’azote en France

C’est une substance de plus en plus présente que ce nouvel accident à Lyon vient remettre au cœur des inquiétudes. Il est un peu plus de 23h30, lundi 29 décembre au soir, lorsque sur la voie rapide M7, qui traverse la ville des Lumières, la voiture d’une famille est percutée par l’arrière. À l’intérieur, une femme de 48 ans décède et trois autres personnes, un homme d’une cinquantaine d’années et deux jeunes âgés d’environ 25 ans, sont blessées selon les informations du Progrès (nouvelle fenêtre). Dans le véhicule en cause, les deux passagers sont eux aussi touchés.

Très vite, un élément interpelle les enquêteurs : à l’intérieur de la voiture du conducteur mis en cause, plusieurs bonbonnes de protoxyde d’azote (nouvelle fenêtre) sont retrouvées. Le jeune homme, âgé de 20 ans, a été interpellé puis placé en garde à vue ce mercredi, selon le parquet auprès de nos confrères de l’AFP. Depuis, une enquête a été ouverte pour homicide routier aggravé, et les enquêteurs doivent désormais déterminer précisément les circonstances de l’accident et établir si la consommation de cette substance a joué un rôle dans la perte de contrôle du véhicule.

Effets du protoxyde d’azote sur la conduite

Car le protoxyde d’azote, aussi surnommé « gaz hilarant », n’est pas anodin. S’il est utilisé et vendu légalement en médecine ou en cuisine, il est aussi détourné pour ses effets euphorisants. En théorie, sa vente est interdite aux mineurs et dans certains lieux depuis 2021. Mais en l’absence d’arrêtés locaux, comme c’est le cas dans une dizaine de départements (nouvelle fenêtre), le produit reste largement accessible. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les équipes de l’association 40 millions d’automobilistes ont voulu tester les effets de sa consommation sur la conduite. 

Au bout de quelques minutes, j’ai eu l’impression que les effets avaient disparu (…) alors qu’ils étaient tout aussi dramatiques

Pierre Chasseray, délégué général de l’association « 40 millions d’automobilistes »

Résultat : malgré une consommation minimale et un encadrement strict, les temps de réaction des deux cobayes de l’expérience (nouvelle fenêtre) ont été multipliés par trois et leur conduite, particulièrement erratique. « Le pire, c’est qu’au bout de quelques minutes, j’ai eu l’impression que tout allait bien et que les effets avaient disparu. En réalité, ils étaient tout aussi dramatiques », raconte Pierre Chasseray, le délégué général de l’association, qui s’est lui aussi prêté à l’expérience.  

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« Je n’ai par exemple pas vu une moto que tout le monde avait pourtant aperçue dans la salle. » En novembre dernier, un autre accident mortel avait coûté la vie au jeune Mathis, âgé de 19 ans, fauché par un conducteur soupçonné d’avoir consommé du gaz hilarant et qui tentait de fuir la police.

AA