D’ailleurs pourquoi vouloir enfermer son enthousiasme et ses talents dans une case ? Nguyen Tran bouge, glisse, met sa souplesse et son savoir-faire au service des autres. Qu’on se le tienne pour dit, c’est son style, sa conception de l’engagement, le moteur de l’action. Et si parfois il trouve un sas pour s’aventurer vers d’autres horizons, il ne s’éloigne jamais du cadre initial de la médecine qui reste le fil conducteur de ce qu’il est, de ce qu’il fait.
« Cette plongée en eaux très personnelle se fait sans masque ni artifice »
Attaché à la fraternité et à l’entraide, d’une reconnaissance infinie envers ceux qui l’ont aidé dans son parcours de réfugié, il ne prend aucune revanche sur la vie dont les vilenies l’ont éloigné de son pays. L’enfant dont il raconte la trajectoire dans son premier roman Les murmures des frangipaniers a des souvenirs à la fois sombres et délicieux. Cette plongée en eaux très personnelles se fait sans masque ni artifice. Le passé est grappillé au jour le jour. Nous y décelons une forme de fragilité ourlée de délicatesse. Un récit enlevé et romanesque qui lui vaut de recevoir le Prix Littré décerné par le Groupement des écrivains médecins. En paix avec lui-même, étranger à la mélancolie, heureux, Nguyen Tran a trouvé une nouvelle réserve de passion dans l’écriture, un dérivatif qui ne l’empêche pas de bondir vers des projets d’envergure. Le dernier en date, l’École vétérinaire du château de Pixerécourt à Malzéville qui fait l’objet d’une consultation publique organisée du 12 au 29 décembre sur la demande de dérogation à la protection stricte des espèces. Généralement plutôt du genre tourbillonnant, Nguyen Tran patiente. Pour creuser son sillon il faut parfois savoir attendre.