Dans la partie de la région ukrainienne de Kherson contrôlée par l’armée russe, Moscou a affirmé que Kiev avait attaqué avec des drones un café et un hôtel dans le village de Khorly, situé au bord de la mer Noire, pendant les célébrations du Nouvel An. Le gouverneur de la région de Kherson nommé par Moscou, Vladimir Saldo, a affirmé sur Telegram qu’au moins 24 personnes avaient été tuées et des « dizaines d’autres » blessées. Il a également publié des images où sont visibles plusieurs cadavres carbonisés et les ruines d’un bâtiment. Les autorités ukrainiennes n’ont pour l’heure pas réagi à ces accusations.

Accusations croisées

Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a accusé jeudi la Russie d’entamer la nouvelle année en poursuivant la guerre déclenchée en 2022 par son attaque à grande échelle de l’Ukraine. « La Russie entame délibérément la nouvelle année en poursuivant la guerre, en lançant plus de 200 drones » dans la nuit de Nouvel An, a indiqué Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux, ajoutant que les cibles étaient des infrastructures énergétiques. Plus tôt, dans ses vœux du Nouvel An, le dirigeant ukrainien a estimé qu’un accord avec la Russie était « prêt à 90 % », prévenant néanmoins que les 10 % restants allaient déterminer le « destin de la paix ». Vladimir Poutine, son homologue russe, lors de son allocution pour la nouvelle année, a lui exhorté ses compatriotes à croire en la « victoire ».

Sur le front, les troupes du Kremlin, plus nombreuses, continuent d’attaquer et de grignoter du terrain, surtout dans la région de Donetsk (est), la priorité militaire de Moscou. Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain, a annoncé mercredi avoir discuté avec de hauts responsables ukrainiens, dont le négociateur en chef de Kiev, Roustem Oumerov, et des conseillers européens en matière de sécurité de la façon de relancer les efforts de paix en 2026, affirmant qu’un « travail important » restait à accomplir. Volodymyr Zelensky avait annoncé qu’une réunion avec des dirigeants de pays alliés de Kiev était prévue la semaine prochaine en France et que ce sommet serait précédé d’une rencontre samedi, en Ukraine, avec des conseillers à la sécurité d’États alliés.

Escalade des tensions

En début de semaine, la Russie a accusé l’Ukraine d’avoir lancé une attaque de drones contre une résidence de Vladimir Poutine, située entre Moscou et Saint-Pétersbourg, dans la nuit de dimanche à lundi. Kiev a qualifié cette accusation de « mensonge » et estimé qu’elle visait à servir de prétexte pour de nouvelles frappes contre Kiev et à saper les pourparlers diplomatiques. L’armée russe a affirmé jeudi sur Telegram avoir extrait des informations de vol d’un drone abattu lors de cette attaque présumée et qu’elle allait transmettre ces données à la partie américaine.

Le Kremlin avait prévenu mardi que « les conséquences » de cette attaque se traduiraient par « un durcissement de la position de négociation » de la Russie. Alors que cette guerre, la plus sanglante en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, dure depuis bientôt presque quatre ans, les bombardements nocturnes se poursuivent sans relâche. Sur l’ensemble de 2025, la Russie a tiré 54 592 drones longue portée et 1 958 missiles lors de frappes nocturnes contre l’Ukraine, soit 56 550 munitions, selon une analyse des données. Le mois le plus intense a été juillet avec 6 495 tirs, et le plus faible avril avec 2 601 tirs, drones et missiles confondus.