Nous sommes à Eysines, au siège social d’Amorim France, filiale nationale du groupe portugais éponyme, leader mondial dans la fabrication de bouchons de liège. Au-delà des bureaux, le site bordelais renferme une usine spécialisée dans les vins tranquilles (vins rouges, blancs…
Nous sommes à Eysines, au siège social d’Amorim France, filiale nationale du groupe portugais éponyme, leader mondial dans la fabrication de bouchons de liège. Au-delà des bureaux, le site bordelais renferme une usine spécialisée dans les vins tranquilles (vins rouges, blancs et rosés sans bulles). D’autres sites sont implantés à Champfleury (près de Reims) pour les vins effervescents et dans le Cognaçais pour les spiritueux.
2 700 clients en France
Eysines ne fabrique pas de bouchons. Ceux-ci sont achetés bruts au Portugal, puis finis et commercialisés en Gironde. Cela passe par des opérations de sélection et de marquage. « Logo de la propriété, nom du château, millésime, message à l’adresse du consommateur, on s’adapte à la demande », résume Franck Autard, directeur général d’Amorim France. Le bouchonnier compte 2 700 clients en France, parmi lesquels de nombreux de grands crus classés : Margaux, Cheval Blanc, château d’Yquem, Angélus, Figeac, etc.
Une machine équipée d’intelligence artificielle permet d’opérer une sélection au plus près des desiderata du client
Acheminés par camions, les bouchons (naturels, techniques…) sont stockés dans un espace à température et hygrométrie contrôlées. L’air y est saturé à 70 % d’humidité, quelle que soit la période de l’année. Lorsqu’un client passe commande, les unités de liège quittent l’aire d’attente et empruntent un parcours jalonné d’ateliers. La gestion de la production assistée par ordinateur (GPAO) permet de suivre leur vie au sein de l’usine. « Si un problème survient à la livraison chez un client, on est capable de retracer le process, de savoir dans quelle machine et à quelle heure cela s’est produit », assure le dirigeant.

Des machines utilisent l’intelligence artificielle pour sélectionner les bouchons au plus près des exigences des clients.
O. D.
Marquage à l’encre, au feu ou au laser
Le premier atelier de l’usine est destiné aux bouchons naturels. Bien que standards, ceux-ci ne sont jamais identiques. Les corps présentent toujours plus ou moins de fissures et de lenticelles (taches noires). Une machine équipée d’intelligence artificielle permet d’opérer une sélection au plus près des desiderata du client.
Puis vient le marquage, étape incontournable. Les procédés sont variés : à l’encre (alimentaire), au feu ou au laser. Tous n’offrent pas la même cadence. L’usine bordelaise dispose des trois possibilités.

Les plaques des châteaux clients sont chauffées pour brûler les bouchons en surface lors de la phase de marquage.
O. D.
Un traitement de surface spécifique succède à la personnalisation. Il consiste à appliquer un mélange de silicone et de paraffine sur chaque bouchon pour lui « donner de la glisse », faciliter la fermeture et le débouchage de la bouteille. L’opération se déroule dans des machines à laver équipées de grands tambours. Le produit injecté est dosé et les cycles de rotation sont contrôlés (vingt minutes pour 20 000 pièces) à une température de 30 à 40 °C. Ensuite, trémies et tapis dirigent le matériau noble vers les installations de conditionnement et d’expédition.

Les bouchons sont conditionnés en sacs de 1 000 unités.
O. D.