Après plusieurs jours passés loin de chez eux, les habitants évacués à titre préventif ont pu regagner leur logement, une fois le feu vert donné par les autorités. Une autorisation accordée à la suite d’une réunion organisée au Méridien Beach Plaza à 14 h 30, où était logée la population évacuée. Pendant une vingtaine de minutes, les habitants ont ainsi pu être rassurés sur la situation de leur logement et sur l’attention toute particulière apportée à l’évolution de la situation à l’avenir.

Sur place, à Monaco comme à Beausoleil, les retours se sont faits au compte-goutte, chacun retrouvant ses repères après un départ précipité, à la surprise même des autorités présentes sur place en Principauté et en France pour recenser les personnes.

Hervé, installé dans l’immeuble Le Point du Jour, est l’un des premiers à avoir fait son retour, aux alentours de 16 h. Installé ici depuis 2014, il reconnaît un soulagement évident, mais teinté de prudence. « Je reviens chez moi avec le sourire, parce que l’hôtel, c’est sympa quand on est en vacances, mais sinon… », glisse-t-il.

D’après lui, le départ et le retour ont été organisés dans la précipitation. « Le parking a fermé, il a fallu sortir les véhicules en catastrophe. C’était un peu la course », raconte-t-il.

Hervé se montre néanmoins pragmatique : « On anticipe les choses. Peut-être que je garderai une petite valise prête, au cas où il faudrait partir à nouveau. »

Le quinquagénaire admet tout de même que la situation reste fragile. « Ce n’est pas totalement rassurant. Il n’y a pas de risque immédiat, mais si la situation devait se reproduire régulièrement, ça ne serait pas tenable. Les autorités nous ont annoncé qu’une telle situation pouvait se reproduire », confie-t-il.

Fermée à la circulation depuis le 24 décembre, l’avenue de l’Annonciade a rouvert hier, en même temps que le retour des gens du quartier.

Un Noël dans des conditions inédites

Chloé, une jeune femme d’une vingtaine d’années évacuée avec ses parents de leur logement du boulevard Guynemer à Beausoleil, raconte un départ précipité mais rassuré par l’organisation mise en place. « Le matin, les policiers sont venus faire un recensement, et l’après-midi, on nous a dit qu’il fallait partir avant 19 heures. Nous avons fait nos bagages et nous sommes partis ».

La jeune femme et ses parents saluent le discours tenu par les autorités monégasques plus tôt dans la journée avant de les autoriser à rentrer chez eux. « On nous a expliqué que le site avait été renforcé et qu’il y avait moins de risques, même si les autorités restaient vigilantes », raconte Chloé. Pour elle et ses parents, l’expérience a été éprouvante.

« Même si c’est très agréable de loger dans un tel hôtel, nous étions inquiets pour notre logement. Nous ne savions pas non plus si des personnes n’allaient pas en profiter pour tenter de s’y introduire. Nous avons tout de même essayé de fêter Noël dans ces conditions particulières », raconte-t-elle, soulignant la chance d’être entourée de ses parents dans cette situation.

« On s’adapte mais ça reste difficile »

Pour Sylvie, retraitée vivant également sur le boulevard Guynemer, l’évacuation a été doublement éprouvante, car elle a dû passer Noël loin de son domicile. « Noël, je l’ai passé à l’hôtel… loin de chez moi, loin de mes habitudes. C’était étrange, on s’adapte, mais ça reste difficile », confie-t-elle.

Ce retour à la maison lui apporte un soulagement mêlé d’inquiétude. « Même si je suis contente de retrouver ma maison, l’idée d’un futur nouveau plan d’évacuation me stresse. C’est comme avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. On sait que les autorités surveillent la situation, mais on reste sur nos gardes. »

Sylvie raconte également l’organisation nécessaire pour partir à l’hôtel : préparer des affaires pour plusieurs jours, penser aux médicaments et aux documents essentiels. « On n’est jamais complètement prêt, mais on fait ce qu’on peut. » À l’avenir, elle compte faire une liste des choses à prendre en cas de futures évacuations, avec, en prime, une valise toujours à portée de main dans son appartement.

La solidarité entre les voisins

Habitant lui aussi Boulevard Guynemer, Marc devait initialement rejoindre sa famille dans le Var pour passer les fêtes de fin d’année, mais a été contraint de changer ses plans à la dernière minute en raison de l’évacuation des habitations. « J’aurais pu partir quelques jours, le temps que la situation se stabilise, mais j’avais trop peur d’être loin de chez moi en cas de problème », confie-t-il.

Heureusement, c’est avec soulagement qu’il a retrouvé son logement aux alentours de 17 h mardi. « L’ambiance est loin de ce que nous vivons pendant la période de Noël avec notre famille, on s’ennuie un peu, mais on se soutient entre voisins. En quelque sorte, j’ai découvert un esprit de solidarité entre nous : on s’entraide, on se parle, on se réconforte. Certains étaient beaucoup plus inquiets que d’autres », conclut-il. Entre soulagement et prudence, les habitants reprennent progressivement le cours de leur quotidien, conscients que la vigilance reste de mise.