CRITIQUE – Montrés dans la capitale, George Condo, Jim Shaw, Philip Guston et Raymond Pettibon dénoncent les dérives de leur société et de ses politiques à travers des œuvres grinçantes et corrosives.

L’Amérique a ses héros. Ils changent avec le temps, s’inversent parfois, se radicalisent et deviennent des anti-héros, illuminés, incompréhensibles vus depuis la vieille Europe. Mais l’Amérique a aussi ses évadés, ces artistes qui regardent le système et l’analysent crûment dans leur œuvre avec rudesse et acuité. Cet hiver, règne de Trump oblige, ils sont plusieurs à exposer à Paris leurs visions sans concessions de la société américaine, hors de portée de toute censure politique.

Au Musée Picasso, feu le peintre Philip Guston (1913-1980) dessine férocement les « années Nixon » et le 37e président des États-Unis, ce Richard Nixon au long nez de Pinocchio empêtré dans ses mensonges du Watergate et honni des démocrates ; venu de la scène punk-rock californienne des années 1970, Raymond Pettibon, 68 ans, y dévore les travers américains en 70 dessins et une dizaine de fanzines. À la galerie Loevenbruck, à Saint-Germain-des-Prés, Jim Shaw, 73 ans, personnalité iconique du milieu artistique…

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Le Figaro

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