Tahirys Dos Santos fait parti des Français qui ont été blessés dans l’incendie mortel de Crans-Montana, en Suisse, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Son agent Christophe Hutteau a donné de premières nouvelles du joueur de Metz, transféré en Allemagne dans un service pour grands brûlés.
Christophe Hutteau, quelles nouvelles avez-vous concernant Tahirys Dos Santos?
Je ne me suis pas entretenu avec lui. Il n’était pas en capacité de s’exprimer. J’ai eu ses parents tout au long de la journée, ils m’ont tenu au courant de l’évolution de son état de santé. Ils ont été prévenus ce matin vers 6h30 de ce qui venait de se passer et de l’état dans lequel se trouvait Tahirys. Ils ont pris aussitôt la route depuis la Lorraine pour rejoindre Sion, où il a été hospitalisé. En soirée, il a été transféré à Stuttgart, dans un hôpital en capacité d’accueillir des grands brûlés. Les parents de Tahirys sont actuellement sur la route entre la Suisse et l’Allemagne.
Physiquement, comment va-t-il?
Le gros point positif c’est que contrairement à ce que les médecins avaient imaginé ce matin, il n’a pas été placé sous respiration artificielle donc il a retrouvé une capacité pulmonaire qui lui permet de ne pas être contraint à être mis sous assistance. Il est beaucoup trop tôt pour émettre le moindre diagnostic. Compte tenu du fait qu’il a été transféré dans un service pour grands brûlés, je vous laisse imaginer l’état physique dans lequel se trouve malheureusement Tahirys.
Avez-vous été étonné d’apprendre qu’il passait le Nouvel An à Crans-Montana?
Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’ai pas été surpris ce matin, pour la simple raison que j’ai eu Tahirys hier au téléphone, il me disait son impatience de retrouver les terrains ce vendredi avec le FC Metz et qu’il s’agissait de sa dernière soirée. Je savais qu’il était à Crans-Montana. Ce matin, quand j’ai vu les notifications sur mon téléphone faisant état de ce qu’il s’était passé, je me suis inquiété immédiatement. Je lui ai envoyé un message qui est resté sans réponse. J’ai contacté ensuite ses proches. Malheureusement la nouvelle a été confirmée.
Comment s’est passée la journée? Avez-vous eu des contacts avec son club, le FC Metz?
La journée a été particulièrement pénible. En de pareilles circonstances, vous devez essayer de rassurer les parents même si les mots peuvent paraître futiles. Heureusement la direction du FC Metz, que j’ai eue aujourd’hui, a été d’une classe sans nom. Cela fait 40 ans que je suis dans le football, j’ai vécu beaucoup de situations et je dois avouer que l’humanité de ce club m’a particulièrement touché. Je sais que les échanges qui ont eu lieu entre les parents de Tahirys et le président ou le directeur sportif du FC Metz ont été d’une humanité… bravo aux dirigeants du FC Metz. Contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent imaginer, le football n’est pas qu’un milieu d’égocentriques, de nombrilistes, c’est aussi un milieu très humain.
Ses parents ont-ils pu lui parler?
Ils (Tahirys et ses parents) se sont parlé très brièvement en fin d’après-midi au téléphone grâce à un médecin allemand qui parlait français. Les parents de Tahirys me l’ont dit: la cellule du ministère des Affaires étrangères et celle du centre hospitalier de Sion ont été très réactifs, très à l’écoute. Leur communication a permis aussi aux parents de « mieux vivre » cette situation.
Quelle est la suite pour Tahirys? Va-t-il être rapatrié en France?
Il n’est pas exclu qu’il doive subir, cette nuit, une intervention chirurgicale qui consisterait à une greffe. Il est encore beaucoup trop tôt pour en savoir plus sur ce qu’il va se passer.
Dans quelles circonstances se trouvait-il en Suisse?
Je savais que Tahirys passait ses vacances à Crans-Montana, il était chez des amis qui possèdent un chalet. Le 31 déembre au matin, il m’a appelé pour me dire qu’il travaillait dur physiquement, que l’objectif de la seconde partie de saison était d’intégrer définitivement le groupe professionnel, qu’il faisait tout ce qu’il fallait pour revenir en grande forme. C’est un garçon de 19 ans, en pleine force de l’âge, qui venait de faire sa première apparition dans le groupe pro en Coupe de France. Tout s’enchaînait magnifiquement bien et ça venait récompenser un grand professionnalisme de sa part. Il y a comme un sentiment d’injustice.
Faut-il craindre pour la suite de sa carrière?
Quand vous voyez un jeune fauché par un tel drame, vous vous dites ‘pourquoi lui?’ C’est beaucoup trop tôt… j’espère qu’il ne verra pas son rêve brisé. Mais le côté footballistique n’est pas très important aujourd’hui. L’important, c’est qu’il retrouve son intégrité physique et morale. Je crois savoir qu’au delà de la souffrance physique, il y a une vraie souffrance psychologique. le drame, il l’a vécu.
Etait-il avec des proches au moment du drame?
Il ne se trouvait pas au rez de chaussée de la discothèque mais au premier étage. Malgré cela, il a eu beaucoup de mal à sortir de l’établissement. Sa petite amie également, tout comme ses potes. La première chose qu’il n’a cessé de demander aux médecins en reprenant conscience, c’est ‘où sont mes potes?’ Sa petite amie est également blessée assez sérieusement et hospitalisée.
Propos recueillis par Diane Carlotti