Le spectacle du Nouvel An à Paris, « hacké » par l’association Antoine Alléno contre les violences routières, ce mercredi soir. Le célèbre chef cuisinier Yannick Alléno nous explique les raisons de ce happening à ICI Paris Ile-de-France.
« 2036. N’attendez pas 10 ans pour fêter votre prochain réveillon ». Voilà ce qu’on a pu lire sur l’Arc de Triomphe, ce mercredi soir à Paris, pendant la grande soirée du nouvel an diffusée sur France 2 en partenariat avec ICI. Un happening organisé avec la Ville de Paris par l’association Antoine Alléno, du nom de ce jeune homme fauché à scooter en mai 2022 dans le 7e arrondissement de Paris, par un chauffard ivre récidiviste et qui était le fils de Yannick Alléno.
2036, comme 2026 la nouvelle année + 10 ans : c’est la peine de prison encourue désormais quand on boit, qu’on se drogue, qu’on a pris le volant et qu’on tue quelqu’un sur la route. En effet, le délit d’homicide routier a été inscrit dans la loi en juillet 2025.
À lire aussi « Aujourd’hui, ce n’est plus un accident de tuer quelqu’un sur la route alors qu’on est sous emprise, c’est un homicide »
A l’aube d’une des nuits les plus meurtrières de l’année sur les routes, l’association créée par le père d’Antoine, le chef cuisinier français Yannick Alléno, a voulu créer un électrochoc. Lui-même a perdu son fils Antoine, 22 ans, en 2022. Le jeune homme attendait à un feu rouge du VIIe arrondissement de Paris, quand un chauffard ivre, récidiviste l’a percuté avant de prendre la fuite.
« On a hacké de façon consentie l’Arc de Triomphe pour dire aux gens ‘ça ne rigole plus' », explique Yannick Alléno ce jeudi matin sur l’antenne d’ICI Paris Ile de France. Avec ce nouveau délit d’homicide routier, « aujourd’hui, ce n’est plus un accident de tuer quelqu’un sur la route alors qu’on est sous emprise, c’est un homicide. »
Le spectacle du Nouvel An à Paris, « hacké » par l’association Antoine Alléno contre les violences routières, ce mercredi soir © Aucun(e) – Marc Lopez Association Antoine Alléno
« On parle d’enfants, de jeunes de moins de 24 ans, c’est notre avenir », rappelle le chef. « L’année dernière plus de 700 sont partis et cette année les chiffres sont encore très mauvais. Il faut que chacun prenne conscience qu’on n’est pas tout seul sur la route et qu’il faut faire attention à ceux que j’appelle ‘les fragiles’, c’est à dire ceux qui circulent en trottinette, à scooter, à vélo. »
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Car « les comportements ne changent pas », regrette encore Yannick Alléno. « Et l’impunité fait beaucoup. Avant (Ndlr : avant la création du délit d’homicide routier), on risquait en moyenne 21 mois de prison avec sursis. Désormais on est sur une moyenne de cinq ans d’emprisonnement ferme. Ce délit est appliqué par la justice, on ne parle plus d’accidentologie mais de criminalité routière et ça change tout, aujourd’hui la justice a les outils nécessaires pour travailler », se félicite celui que les circonstances de la vie ont rendu militant.
« Aujourd’hui, ce n’est plus un accident de tuer quelqu’un sur la route alors qu’on est sous emprise, c’est un homicide »