Le ministère russe de la Défense affirme avoir extrait et décodé les données de navigation d’un drone ukrainien abattu lors d’une attaque de grande envergure impliquant 91 appareils. Selon Moscou, cette opération visait une résidence présidentielle dans la région de Novgorod, au sud de Saint-Pétersbourg.

« Le décodage des données de l’appareil montre que l’attaque du 29 décembre 2025 visait l’une des installations de la résidence du président russe », a indiqué le ministère dans un communiqué publié sur Telegram, précisant que les éléments seraient transmis à la partie américaine « via les canaux établis ».

Des preuves contestées

Lors d’un point presse le 31 décembre, le ministère a diffusé une carte de vol ainsi que des images montrant des débris de drones (fragments noirs, structures en bois et câblages rouges) éparpillés dans la neige. La carte indiquait des points d’interception dans plusieurs régions, notamment Briansk, Smolensk et Novgorod. Aucune victime ni dégât majeur n’a été signalé.

L’Ukraine a fermement nié être à l’origine de cette attaque. Kiev et plusieurs responsables occidentaux rejettent ces allégations, y voyant une opération de désinformation destinée à faire dérailler les efforts diplomatiques visant à mettre fin à une guerre qui dure depuis près de quatre ans.

Diplomatie et guerre de l’information

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a qualifié les affirmations du Kremlin de « manipulations russes visant à saboter les efforts de paix ». De son côté, Kaja Kallas, chef de la diplomatie de l’Union européenne, a dénoncé une « distraction délibérée » : « Personne ne devrait accepter les affirmations infondées d’un agresseur qui cible aveuglément les infrastructures et les civils ukrainiens depuis le début de la guerre. »

Le Kremlin a averti que cet incident présumé durcirait sa position dans les négociations avec Washington. Le président Volodymyr Zelensky a rétorqué qu’il s’agissait d’une « invention totale » destinée à justifier de nouvelles frappes russes sur les villes ukrainiennes.

Le pivot de Donald Trump

Donald Trump s’est d’abord montré réceptif à la version russe le 29 décembre, confiant aux journalistes en avoir parlé avec Vladimir Poutine. Cependant, dès le 31 décembre, un changement de ton s’est opéré : M. Trump a partagé un éditorial du New York Post accusant Moscou d’entraver la conclusion d’une paix négociée.

Un Nouvel An sous les bombes

Cette controverse s’inscrit dans un contexte d’escalade militaire. Durant la nuit du réveillon, la Russie a lancé plus de 200 drones contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Parallèlement, Moscou a accusé l’Ukraine d’une frappe meurtrière dans la région occupée de Kherson, affirmant que trois drones avaient touché un hôtel et un café dans le village côtier de Khorly, faisant au moins 24 morts parmi les civils rassemblés pour les festivités.

Malgré la violence des combats, les canaux diplomatiques restent ouverts. Dans son adresse du Nouvel An, M. Zelensky a réitéré son souhait de paix, tout en refusant tout accord « faible » qui menacerait l’existence même de l’Ukraine. Si des progrès ont été signalés, le statut des territoires occupés et les garanties de sécurité pour Kiev demeurent les principaux points de friction.