Par un courrier du 9 décembre dernier, le Bureau d’enquête sur les accidents de transport terrestre (BEATT) de l’autorité de contrôle des réseaux de tram (le STRMTG) émet une recommandation au constructeur Alstom. Lui enjoignant « pour tous les matériels roulants (construits par Alstom, NDLR) des réseaux de tramway autres que le réseau de Strasbourg, de procéder au contrôle de la fonctionnalité “réversibilité du freinage d’urgence” ».

Pour rappel, un bouton-poussoir de freinage d’urgence existe sur les trams du constructeur, dont deux rames ont été impliquées dans l’accident de Strasbourg. Dans les premiers temps de l’enquête, les techniciens se sont interrogés sur l’efficacité du bouton-poussoir d’urgence pour le freinage d’une rame à la dérive dans une pente en marche arrière. Mais en ce début décembre, le bureau d’enquête pointe autre chose.

«  Le bouton de freinage d’urgence est utilisé lorsqu’un danger se présente sur la voie et nécessite un arrêt rapide », nous explique le directeur général de la CTS, Emmanuel Auneau. « Le conducteur peut sortir de ce freinage d’urgence et reprendre la main à tout moment en principe : mais il semble qu’il y aurait des interrogations sur la réversibilité effective du dispositif ».

Le patron de la Compagnie des transports strasbourgeois poursuit : « Nos 78 rames de chez Alstom actuellement en exploitation ont toutes été testées sur ce point de la réversibilité dans cette manœuvre de freinage d’urgence et ils sont déclarés conformes ». « Ce, sans qu’il y ait eu nécessité d’aucune intervention technique », précise encore Emmanuel Auneau.

C’est ce contrôle de conformité précisément sur cette fonctionnalité qui est désormais recommandé au constructeur sur l’ensemble des rames en circulation dans tous les autres réseaux de France. À ce jour néanmoins, l’entreprise Soléa, qui exploite le réseau de tram mulhousien, nous indique n’avoir eu aucune information du BEATT ou d’Alstom pour le contrôle de ses 22 Citadis.

À Strasbourg, le directeur de la CTS poursuit : « On ne connaît pas l’origine de cette recommandation qui semble issue de l’enquête sur l’accident de Strasbourg ». « On ne sait rien actuellement sur le lien éventuel entre l’accident et cet aspect technique particulier ». Seul le rapport final des experts sera accessible à la CTS et aucune date n’est fixée à ce jour pour le rendu dudit document.