Scandale au Royaume-Uni. L’État britannique a été condamné pour violations des droits humains, rapporte Le Figaro. Dans une lettre du ministre de la Justice David Lammy, adressée au secrétaire d’État à la Justice du cabinet « fantôme » Robert Jenrick, il est révélé que l’État a accepté de verser plus de 240 000 livres sterling à un meurtrier islamiste qui avait tué deux adolescents en 2011. La raison : le détenu a été placé à l’isolement alors qu’il avait pris en otage un agent pénitentiaire pour demander la libération d’un prédicateur islamiste.
Double meurtre, prise d’otage et agression en prison…
Les faits remontent d’abord à 2011 lorsqu’un trafiquant de drogue de 23 ans, nommé Fuad Awale, tue d’une balle dans la tête deux adolescents de 18 et 19 ans dans une ruelle de Milton Keynes, commune au nord de Londres. L’individu est alors interpellé puis condamné deux ans plus tard à 38 ans de prison.
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Malgré son incarcération, Fuad Awale prend en otage en 2013 un agent pénitentiaire en le menaçant de l’égorger avec un objet contondant. Le détenu réclamait la libération du prédicateur islamiste Abou Qatada. Cet homme est considéré comme le chef spirituel d’al-Qaida en Europe. Ses écrits avaient été retrouvés dans le logement, en Allemagne, de l’un des terroristes du 11-Septembre. Fuad Awale a également exigé que Roshonara Choudhry sorte de prison. Ce détenu islamiste avait poignardé le député travailliste Stephen Timms en 2010.
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Après avoir été maîtrisé, Fuad Awale est transféré dans une unité spéciale pour les prisonniers les plus dangereux du pays. L’individu, qui partage des « croyances extrémistes », écope d’une peine supplémentaire de six ans de prison et est enfermé dans des conditions de « surveillance étroite ».
Cela ne l’empêche pas de récidiver en frappant un gardien au visage en 2021. Fuad Awale est ainsi transféré à la prison de haute sécurité HMP Woodwill, à Milton Keynes, où il est placé à l’isolement.
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Isolé, Fuad Awale aurait ensuite souffert d’une « lourde dépression » puis saisi la Haute Cour de justice, sur la base de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme prévoyant que toute personne a droit au respect « de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance », relate Le Figaro. Ses avocats pointent alors l’« opacité » des autorités pénitentiaires dans leur choix d’isoler leur client, dénonçant au passage que la prison regorgeait de détenus « racistes » et « islamophobes ». De quoi rendre difficile le partage d’une cellule avec Fuad Awale.
Une peine qui scandalise
Face à ces arguments, la Haute Cour a finalement considéré que les droits du détenu avaient été violés condamnant l’Etat britannique à rembourser les frais juridiques du meurtrier condamné à hauteur de 234 000 livres, et à verser une compensation financière de 7 500 livres à Fuad Awale.
Fuad Awale is an Islamist killer who executed two men.
David Lammy has just handed him £250k.
Why? Lammy put the ECHR above the safety of officers and the interests of the British people.
It’s one of the most shameful acts by a Minister in recent times. pic.twitter.com/Fda2jq07qE
— Robert Jenrick (@RobertJenrick) January 1, 2026
Cette décision indigne de nombreuses personnalités. À l’image du conservateur Robert Jenrick, qui n’arrive à le croire. « C’est une mauvaise blague », déclare-t-il ce vendredi 2 janvier au Telegraph. Le membre du Parlement accuse le ministre de la Justice David Lammy d’avoir « fait passer la CEDH avant la sécurité des policiers et les intérêts du peuple britannique ». « C’est l’un des actes les plus honteux commis par un ministre ces derniers temps », fustige-t-il enfin sur X.