De Split Fiction à Clair Obscur en passant par Hollow Knight : Silksong, quels sont les 10 meilleurs jeux vidéo de 2025 selon Écran Large ?

C’est le rituel auquel on ne peut pas échapper en fin d’année : la diffusion des tops, des flops, des classements, de la mauvaise foi assumée, des débats houleux à la machine à café et des révélations tardives… Voilà le moment de révéler notre classement des 10 meilleurs jeux vidéo de l’année 2025. L’année dernière, on s’était écharpé sur Final Fantasy VII Rebirth, Silent Hill 2, Stellar Blade ou encore Metaphor : ReFantazio. Cette année fut, elle aussi, très riche, et même si le bilan carbone de nos cernes est désastreux, la passion du jeu vidéo, elle, est toujours là.

Et cette année 2025 restera dans les mémoires comme l’année des miracles. Celle où des arlésiennes mythiques ont enfin daigné sortir (oui, on parle de ces fameux insectes chevaliers), celle où la French Touch a mis une claque au monde entier, et où Kojima a encore cassé internet. Entre les évidences absolues comme Hades 2 (oui, encore lui, et oui, c’est largement justifié, puisqu’il est enfin sorti d’early access) et les ovnis conceptuels, voici donc les 10 meilleurs jeux vidéo de 2025, selon l’équipe d’Écran Large.

Attention : cette sélection est garantie 100% subjective.

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Elden Ring Nightreign a failli en être10 – THE SÉANCE OF BLAKE MANOR

  • Date de sortie : 27 octobre 2025
  • Disponible sur : PC

Avez-vous vu le signe rouge ?

Publié par le même éditeur que Blue Prince (Raw Fury), The Séance of Blake Manor a, lui, connu un moindre éclairage. Pas étonnant pour un titre un peu moins ambitieux, mais qui ne démérite pas pour autant. Ici aussi, on retrouve une histoire de manoir mystérieux, voué à être exploré de fond en comble. Le labyrinthe qui nous y attend est néanmoins plus conventionnel, puisqu’il prend la forme d’un whodunit en huis clos. On incarne Declan Ward, un détective appelé à l’aide afin d’enquêter sur la disparition d’une jeune femme au Manoir Blake.

Le temps nous est compté, car nous n’aurons pas plus d’un week-end pour élucider l’affaire, et devant nous, de nombreux suspects à interroger, ainsi qu’une mystérieuse séance de spiritisme sur laquelle planent de sinistres augures. The Séance of Blake Manor est donc un jeu de détective qui se place entre un récit de H.P. Lovecraft et d’Agatha Christie. On y ajoute une pincée de mythes celtiques et de folklore irlandais, et on obtient une passionnante enquête, construite avec une grande intelligence.

S’il ne peut rivaliser avec les autres titres de cette liste à cause de ses limites formelles, Blake Manor reste très impressionnant dans son exécution. Tout au long de son investigation (qui semble tentaculaire), le joueur est tenu en haleine, captivé par un périple intellectuel au rythme parfait. De multiples intrigues s’entremêlent, invoquant parfois l’occulte et, à d’autres moments, de véritables faits historiques. Tout ça au travers d’un casting charismatique qui cache de nombreux secrets. Le jeu propose plusieurs fins, mais il n’est guère dur d’atteindre la meilleure conclusion. Quand il aura tout résolu, un bon limier gardera certainement de ce long week-end un souvenir exquis.

9 – SPLIT FICTION

  • Date de sortie : 6 mars 2025
  • Disponible sur : PC, PS5, Xbox Series (et sur Nintendo Switch 2 depuis le 5 juin 2025)

Bourré d’humour, d’inventivité et de dragons, on ne pouvait pas oublier Split Fiction

Après les excellents A Way Out et It Takes Two, on a attendu avec impatience la nouvelle création de Hazelight Studios, dont la spécialité est l’expérience vidéoludique à deux. Et dans ce registre, Split Fiction n’a définitivement pas déçu. S’il reste très largement dans la lignée de It Takes Two (dans sa structure et sa philosophie de game design), il repousse encore plus loin les limites de l’aventure coopérative multijoueur et témoigne d’un grand enthousiasme du studio pour son médium.

On peut toutefois dire que le scénario de Split Fiction ne casse pas trois pattes à un canard. Si on omet une timide critique de l’IA générative, le jeu reste sage dans sa narration et ne dépasse jamais le sympathique téléfilm de Noël en termes de ton. Mais est-ce qu’on en demandait plus ? La vérité, c’est que les jeux de Hazelight Studios sont avant tout pensés pour faire vivre un bon moment à n’importe quel duo de joueurs (couple, amis, familles). C’est une joyeuse rêverie qui s’adresse à chacun et dont le véritable langage reste le gameplay et sa très riche diversité.

L’intrigue n’est finalement qu’un prétexte à l’aventure, et celle-ci est absolument réussie. Chaque tableau se réinvente avec de nouvelles idées, référençant l’histoire du jeu vidéo, tandis que les univers que l’on traverse sont eux des hommages à tous types de fictions. Difficile de ne pas avoir le sourire pendant l’entièreté du voyage et c’est encore mieux de le partager avec quelqu’un. Le climax final de Split Fiction est par ailleurs un véritable festival d’ingéniosité et une prouesse technique qu’on a trop vite oubliée cette année. Dommage pour Hazelight Studios : la concurrence était trop rude, cette fois-ci. Mais on a déjà très hâte de leur prochain jeu.

8 – THE OUTER WORLDS 2

  • Date de sortie : 29 octobre 2025
  • Disponible sur : PC, Xbox Series, PlayStation 5

Aza, l’un des personnages les plus fous des 10 dernières années

Enfin, Obsidian Entertainment a décidé de se consacrer à ce qu’il sait faire de mieux : écrire. Dans le genre du RPG occidental souvent obsédé par le gigantisme vide, The Outer Worlds 2 a choisi la densité et l’intelligence. Le nouveau système solaire de Halcyon est un terrain de jeu satirique jubilatoire, où l’hyper-capitalisme galactique est poussé jusqu’à l’absurde.

Les dialogues sont ciselés au scalpel, drôles, cyniques, et offrent une liberté de ton rare. Vous voulez être un héros ? Un salaud complet ? Un idiot avec un faible pour les explosifs ? Le jeu vous dit toujours « oui » et s’adapte en conséquence.

Techniquement, le saut qualitatif par rapport au premier épisode (qui manquait de budget) est flagrant. Les environnements sont plus vastes, plus verticaux, et les combats ont gagné une pêche qui manquait cruellement auparavant. Mais la vraie réussite, ce sont les compagnons. Ils ne sont plus de simples tourelles sur pattes, mais des personnages complexes avec leurs propres agendas, capables d’intervenir dans vos conversations et de remettre en question vos choix moraux.

The Outer Worlds 2 ne révolutionne pas la formule du RPG Bethesda-like, il la purifie et la cristallise. C’est une aventure compacte (40h de pur plaisir, pas 150h de remplissage), maîtrisée de bout en bout, qui nous rappelle pourquoi on aime se perdre dans des univers de science-fiction. Un grand cru pour les amateurs de verbe et de laser, et clairement, l’un des plus grands héritiers de Mass Effect et de Fallout New Vegas.

7 – DEATH STRANDING 2 : ON THE BEACH

  • Date de sortie : 26 juin 2025
  • Disponible sur : PS5

Shadow of the Colossus version Kojima

Hideo Kojima est en roue libre, et c’est exactement ce qu’on voulait. Si le premier Death Stranding était une ode à la marche et à la solitude, cette suite, On The Beach, explose le cadre pour devenir un road trip post-apocalyptique mondialisé et délirant. Techniquement, le moteur Decima crache ses tripes. Les visages de Norman Reedus, Léa Seydoux et Elle Fanning franchissent un nouveau cap dans le photoréalisme, rendant les cinématiques (toujours aussi longues, c’est du Kojima après tout) aussi captivantes que du (très) grand cinéma.

Mais chez Death Stranding 2, c’est la folie créative qui prime. Le jeu mélange sans vergogne marionnettes vivantes en stop motion, vaisseaux organiques géants et philosophie méta sur la connexion numérique, le tout avec un sérieux imperturbable. Le gameplay a évolué, moins austère, il offre de nouveaux outils et véhicules qui transforment la logistique en un art jouissif, tout en gardant cette gestion du terrain unique dans le paysage vidéoludique.

On ne se bat pas seulement contre des ennemis, on se bat contre la montagne, contre la rivière, contre la gravité… Death Stranding 2 est une œuvre totale, boursouflée, parfois prétentieuse, mais d’une sincérité désarmante. C’est le blockbuster d’auteur par excellence, un jeu qui ne ressemble à rien d’autre et qui ose proposer une vision optimiste de l’entraide dans un monde brisé. Et c’est ça, sa plus grande force.

6 – SILENT HILL f

  • Date de sortie : 25 septembre 2025
  • Disponible sur : PS5, PC, Xbox Series

In my restless dreams, I see that scene

Silent Hill F est un cas particulier qui ne fera pas l’unanimité. Certes, il s’agit d’un jeu avec un certain nombre de défauts, et ce n’est peut-être pas le Silent Hill que certains voulaient et espéraient. Beaucoup ont, par exemple, déploré le système de combat ou l’absence de vrais « donjons » dans lesquels se perdre. D’autres, enfin, n’ont pas accroché à l’ambiance japonaise de ce nouveau titre ni à l’absence théorique de la ville de Silent Hill (remplacée par un village qui n’a pas tant à lui envier). Et pourtant, Silent Hill F reste et demeure un remarquable saut dans le vide pour la saga de Konami, témoignant d’une audace salutaire au royaume de l’horreur.

Que l’on ait été terrifié ou non par le voyage hallucinatoire de Hinako, il est incontestable que celui-ci n’avait pas pour priorité de nous faire sursauter. Silent Hill F avait une mission simple : nous rappeler le potentiel infini de son pandémonium, tout en y laissant s’y déployer la force dramaturgique d’un auteur. C’est ici le génial Ryūkishi07 (auteur de Umineko ou Higurashi) qui a eu carte blanche pour construire un récit à plusieurs niveaux de lecture. En restant dans un terrain qui lui était familier (la ruralité japonaise et les tourments de l’adolescence), Ryūkishi07 a choisi d’explorer la descente aux enfers d’une jeune femme jusque dans le patriarcat nippon des années 60.

Ainsi, Silent Hill F n’a jamais peur de politiser l’horreur et de s’en servir comme d’un support pour construire des allégories impactantes. Rarement on aura vu, par exemple, un emploi du body horror aussi explicite et viscéral dans un jeu vidéo. On se souvient encore de quelques scènes précises, parmi les plus mémorables de 2025. À tout ça, s’ajoutent une direction artistique extraordinaire et une musique signée Akira Yamaoka, également très réussie. Alors oui, Silent Hill F n’est pas idéal en tous points. Mais c’est une œuvre radicale, artistiquement singulière, qui emmène sa saga légendaire vers un avenir riche en possibilités pour ses futurs auteurs. On n’en avait jamais espéré autant !

5 – HOLLOW KNIGHT : SILKSONG

  • Date de sortie : 4 septembre 2025
  • Disponible sur : PC, PS5, Xbox Series, Nintendo Switch

Let’s Dance

Sept ans d’attente. Sept ans de mèmes, de faux espoirs et de Nintendo Direct scrutés à la loupe. Le 4 septembre dernier, Hollow Knight : Silksong a enfin cessé d’être un mythe pour devenir un jeu vidéo. Et quel jeu. Team Cherry a livré ici une suite d’une générosité affolante, visuellement somptueuse, où l’animation traditionnelle atteint des sommets d’élégance. Incarner Hornet est un plaisir cinétique pur, là où le Chevalier était un clou robuste, elle est une aiguille véloce, transformant l’exploration de Pharloom en un ballet aérien et nerveux.

Cependant, ayons le courage de le dire : la foudre tombe rarement deux fois au même endroit. Si Silksong est un excellent Metroidvania, il souffre inévitablement de la comparaison avec le chef-d’œuvre absolu qu’était son aîné. En voulant trop en faire, le jeu se perd parfois dans sa propre complexité. Le système d’outils et de crests, bien que riche, alourdit parfois le rythme là où Hollow Knight brillait par son épure. De même, la verticalité du level design peut occasionnellement nuire à la lisibilité, rendant l’exploration plus confuse, moins organique que la descente mélancolique dans Hallownest.

C’est un grand jeu, indéniablement. Les boss sont titanesques, la musique de Christopher Larkin arrache encore des frissons, et la direction artistique enterre 99% de la production actuelle. Mais il lui manque ce petit supplément d’âme, cette cohérence miraculeuse qui faisait du premier opus une expérience quasi mystique. Silksong est un prince magnifique, mais le Roi reste sur son trône. Un incontournable de 2025, assurément, mais peut-être pas le Messie que l’on s’était imaginé.

4 – DONKEY KONG BANANZA

  • Date de sortie : 17 juillet 2025
  • Disponible sur : Nintendo Switch 2

Malin comme un singe

Donkey Kong : Bananza n’est certainement pas une resucée de Mario Odyssey dans laquelle on aurait mis des éléments des derniers Zelda. En donnant à son personnage la possibilité de tout casser dans chaque niveau, Nintendo a fait de son jeu de plateforme un bac à sable grandiose, un concentré d’imaginaire débridé, un voyage au centre de la Terre où l’avancée supposément constante du plateformer contraste avec la flânerie.

Au-delà de sa dimension « chasse au trésor » bourrée de collectibles, de passages secrets et de découvertes dès lors qu’on transforme la map en gruyère, Bananza se montre d’une générosité permanente et renouvelée à chaque niveau. La dimension light-RPG et les transformations de Donkey Kong changent la donne, et nous récompensent avec pléthore de nouvelles idées. Nintendo n’a pas son pareil pour créer une sensation d’émerveillement total, cette soif d’aventure et d’exploration purement enfantine, tout en confirmant ce qui fait son génie depuis l’arrivée de la Switch.

Car, au même titre que Mario Odyssey ou Breath of the Wild, Bananza nous amène à appréhender différemment l’espace de jeu. Le décor ne répond pas qu’à sa fonction de niveau. Il a sa propre vie, sa propre magie, dans laquelle on aime se perdre, si on accepte de prendre le temps d’explorer ce qu’il a à offrir. Elle est là, la maestria de la firme nippone.

3 – BLUE PRINCE

  • Date de sortie : 10 avril 2025
  • Disponible sur : PC, PS5, Xbox Series

Il faut autant de cerveaux que d’écrans pour en voir le bout

Dans une année saturée de mondes ouverts et d’explosions en 4K, Blue Prince nous a fait l’effet d’un électrochoc cérébral. C’est l’anti-jeu d’action par excellence, un huis clos architectural qui demande de la patience, de l’observation et une bonne dose de paranoïa pour en venir à bout. Vous héritez du Mont Holly, un manoir aux pièces infinies dont la disposition change chaque jour. Le concept de « draft » architectural, où l’on choisit la prochaine pièce à placer sur le plan, transforme l’exploration en un puzzle game stratégique et fascinant.

Ce qui frappe d’abord, c’est cette esthétique clinique, presque froide, qui tranche avec les codes habituels du jeu de mystère. Bien loin des clichés du manoir abandonné ou de la villa hantée, le studio californien Dogubomb a choisi l’épure comme toile de peintre. Pas de toiles d’araignées ni de parquets qui grincent à l’horizon, mais des formes géométriques, des couleurs unies et une interface d’une propreté absolue.

Pourtant, le jeu ménage une angoisse sourde. Elle s’insinue par la narration environnementale, par les secrets de famille que l’on déterre au fil des pièces, et par cette sensation vertigineuse de perdre pied face à une maison qui semble plus intelligente que nous. Blue Prince est un jeu d’auteur radical, qui refuse de prendre le joueur par la main. Il faut accepter de se perdre, de griffonner des notes sur un carnet réel, et de réfléchir à l’agencement de l’espace. Une expérience unique, intellectuellement stimulante, qui rappelle les meilleures heures des jeux d’énigmes conceptuels comme The Witness, mais avec une saveur narrative bien à lui. Un ovni indispensable.

2 – CLAIR OBSCUR : EXPEDITION 33

  • Date de sortie : 24 avril 2025
  • Disponible sur : PC, PS5, Xbox Series

clair obscur expédition 33

Pour les opus qui viendront après

Lors du Xbox Games Showcase 2024, certains ont été particulièrement surpris par la bande-annonce d’un jeu surprise. Un étrange RPG au tour par tour, premier titre d’un jeune studio, affichant des graphismes réalistes et un dynamisme évoquant Persona. Clair Obscur : Expedition 33 – voilà un nom curieux qui a ainsi été vite retenu par les plus attentifs. D’autant plus qu’à partir de son annonce, tout ce qui fut communiqué autour du jeu ne fit que confirmer son immense potentiel.

Du making-of sur sa composition musicale – devenue culte entretemps – à l’annonce du casting vocal cinq étoiles (en VO comme en VF), l’attraction autour de Clair Obscur est vite devenue irrésistible. Malgré l’embuscade du remaster d’Oblivion, rien n’a réussi à obscurcir le succès providentiel d’Expedition 33. Et alors qu’il se vouait à une niche de joueurs (fans de JRPG à l’ancienne), son univers uchronique, mêlant France de la Belle Époque et fantasy, a finalement su séduire un large public. Et ce, dès les premières heures, grâce à son inoubliable prologue.

Avec les bonnes étoiles alignées – Guillaume Broche, directeur du studio, a souvent dit qu’il a eu beaucoup de chance dans son aventure –, il semblait tout de même impensable qu’un nouveau RPG débarque de nulle part et vole la vedette à tous les gros titres. Surtout dans une année aussi dense. Et pourtant, nous y voilà. Face à Silksong, Death Stranding 2 ou Monster Hunter Wilds, c’est bien l’anomalie française qui a fait trembler le monde du jeu vidéo. Si Clair Obscur : Expedition 33 ne décroche pas le top 1 dans ce classement, il reste incontestablement le jeu le plus important de 2025.

1- HADES II

  • Date de sortie : 25 septembre 2025 (Version 1.0)
  • Disponible sur : PC, Nintendo Switch 1 et 2

Et maintenant, il y a une armure d’Iron Man !

Hades 2 avait beau être présent dans notre top 2024 grâce à son accès en early access, il prend logiquement la première place de ce classement de 2025 pour deux raisons. D’une part, parce qu‘on n’a jamais cessé d’y revenir pendant plus d’un an grâce à sa boucle de gameplay parfaite, qui a obligé les fans du premier volet à repenser leurs réflexes et leurs habitudes. À chaque ajout de boss ou d’arme à manier pour Mélinoé (princesse des Enfers et sœur de Zagreus), le jeu a gagné en complexité et en raffinement, si bien qu’on a passé des heures à tester les associations de pouvoirs des dieux.

D’autre part, avec la sortie de sa version 1.0, Hades 2 s’impose comme une cathédrale du roguelite, toujours portée par sa direction artistique à tomber par terre et son écriture, qui crée à chaque run de nouvelles boîtes de dialogues avec de (très) nombreuses icônes de la mythologie grecque. Le sentiment d’exhaustivité qui s’en dégage éclaire sur l’ambition de Supergiant Games : penser cette réécriture complète d’une telle cosmogonie à l’aune d’un médium qui interroge sa répétitivité, ainsi que le paradoxe entre son fonctionnement sur le modèle de la boucle et la quête de changement drastique de son héroïne.

Il est question de briser les cercles vicieux et les destins tragiques, d’apprendre à connaître des mythes jusque-là contraints de subir leur malheur éternel. Si le temps passé dans le hub central est encore plus passionnant que dans le premier Hades, sa suite propose encore plus de contenus sans tomber dans la surcharge. Pouvoir alterner entre les runs vers les Enfers et vers l’Olympe est un argument suffisant pour consacrer à ce chef-d’œuvre des centaines d’heures de jeu.