La ville industrielle de Bradford, dans le nord de l’Angleterre, est revenue à ses moutons au début du mois de décembre. Dans ce berceau de l’industrie textile britannique, le prix de la laine a tutoyé des sommets inédits depuis près d’une décennie, lors des enchères bimensuelles supervisées par British Wool, l’organisation représentative du secteur.

Le montant du kilogramme s’est ainsi établi à 1,83 livre sterling (2,10 euros), soit une hausse de 26 % comparée au mois de septembre.

Certes, les 17,5 livres sterling du kilo pratiqués au lendemain de la Seconde Guerre mondiale paraissent bien loin. Mais ce sursaut, bienvenu pour des éleveurs contraints au fil des années de réduire la taille de leur cheptel, illustre un regain d’intérêt pour le savoir-faire britannique, veut croire la presse londonienne. “Il n’y a pas si longtemps, l’avenir apparaissait bien sombre pour la laine britannique, destinée à être transformée en isolant ou même brûlée” faute de débouchés, soupire The Sunday Times.

Tapis et sièges de trains

Colonne vertébrale historique de l’économie anglaise, la laine “constituait pendant l’ère médiévale presque l’intégralité des exportations, dont les fruits ont alimenté les villes et permis de construire des cathédrales”, retrace le journal conservateur. À l’époque, “le