- Le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse ont été capturés et exfiltrés du pays pendant la nuit, par les forces américaines.
- Donald Trump, qui s’est félicité d’un « assaut spectaculaire », a annoncé que les États-Unis allaient prendre les rênes du pays, en attendant une « transition » politique.
- Il est toutefois resté flou sur l’organisation concrète de ce passage à un nouveau pouvoir.
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Nicolás Maduro capturé par les États-Unis
En quelques heures seulement, le Venezuela a basculé dans l’inconnu. Les forces américaines ont capturé et exfiltré son dirigeant Nicolas Maduro ainsi que son épouse (nouvelle fenêtre) dans la nuit de vendredi 2 à samedi 3 janvier, a annoncé le président américain Donald Trump. Le couple présidentiel sera jugé aux États-Unis pour « narcoterrorisme » (nouvelle fenêtre). En attendant, Washington va « diriger » le pays jusqu’à ce qu’une transition politique « sûre » puisse avoir lieu après cet « assaut spectaculaire », a-t-il annoncé lors d’une conférence de presse en Floride.
« Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse », a-t-il lancé. « La dictature de Maduro est terminée au Venezuela, le peuple est libre ! libre ! (…) Le Venezuela est un pays plus fier, plus sûr », a encore clamé le chef de la Maison-Blanche. Tout en ajoutant que les États-Unis étaient prêts à lancer « une seconde attaque plus importante si besoin », et ne pas avoir « peur d’envoyer des troupes sur le terrain si besoin ».
La vice-présidente vénézuélienne « prête » à coopérer, selon lui
Donald Trump est resté particulièrement flou sur les modalités concrètes de cette gestion. Après avoir affirmé un peu plus tôt que Washington ne laisserait aucune personnalité du régime vénézuélien succéder à Nicolas Maduro (nouvelle fenêtre), il a finalement ouvert la porte à une collaboration avec les responsables toujours en poste. Il a notamment affirmé que la vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a déclaré au secrétaire d’État américain Marco Rubio être « prête » à coopérer, « à faire ce que nous estimons nécessaire pour que cela marche ».
Quant à la prix Nobel de la paix et cheffe de l’opposition vénézuélienne Maria Corina Machado (nouvelle fenêtre), elle ne « bénéficie ni du soutien ni du respect » nécessaires pour gouverner son pays, a-t-il balayé, alors même qu’elle faisait jusqu’alors figure d’alliée de la Maison-Blanche (nouvelle fenêtre). Il a ajouté que les États-Unis n’avaient pas eu de contact avec elle. De manière générale, les responsables américains « vont travailler avec les Vénézuéliens pour en faire un pays qui soit correctement dirigé », a-t-il martelé, assurant qu’il n’y aurait « aucun risque que Maduro revienne ».
Les compagnies pétrolières autorisées à exploiter le pétrole vénézuélien
Donald Trump a par ailleurs annoncé qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre au Venezuela pour exploiter ses réserves de brut, ajoutant que l’embargo américain sur le pétrole vénézuélien (nouvelle fenêtre) restait en vigueur. « Nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars, réparer les infrastructures gravement endommagées (…) et commencer à générer des revenus pour le pays », a-t-il assuré, promettant de « faire de l’argent ».
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À plusieurs reprises pendant la conférence de presse, il a aussi accusé les autorités vénézuéliennes d’avoir « volé des actifs américains » et du « pétrole » dont les entreprises de son pays (nouvelle fenêtre) auraient dû tirer profit selon lui. Il a ainsi promis d’extraire des « richesses formidables du sol », qui seront « rendues aux Vénézuéliens », à ceux qui auraient fui « hors du pays » sous le pouvoir de Nicolas Maduro, ainsi qu’aux « États-Unis, sous forme de remboursement pour les dommages causés ». Le Venezuela possède les réserves prouvées de pétrole les plus importantes au monde, mais il est loin de figurer parmi les principaux producteurs.
« Vous allez connaître la paix, la prospérité, avoir accès à beaucoup de richesses que vous auriez dû avoir depuis bien longtemps », a-t-il déclaré à l’adresse de la population vénézuélienne, sans détailler précisément comment. Interrogé sur la durée de cette gestion américaine, il a dit vouloir que les choses « aillent vite », tout en concédant qu' »il faut du temps pour reconstruire ce pays », un « territoire ravagé ».
M.L. avec AFP
