Les Urban sketchers ont choisi le cimetière Saint-Martin comme modèle pour leurs dessins, ce lundi-là. Chaises de camping à la main, emmitouflés dans leurs manteaux, ils se sont dispersés entre les tombes pour croquer le paysage. Depuis 2015, ce groupe de dessinateurs de tous horizons, débutants et confirmés, se réunit tous les lundis pour dessiner « in situ » la ville et ses alentours. Le collectif brestois appartient à la communauté mondiale des Urban sketchers (USK). Gabriel Campanario est à l’initiative de ce projet qui voit le jour en 2007. Aujourd’hui le mouvement est implanté dans plus de 70 pays et 514 villes. Leur devise est : « Voir le monde de dessin en dessin ».

« Une manière de redécouvrir la ville »

Le point de rendez-vous des Brestois est donné sur leur groupe Facebook, où ils publient aussi leurs dessins. Chacun d’entre eux brosse les traits de Brest de façon singulière. « C’est une manière de redécouvrir ou découvrir la ville », explique Marie-Laure qui fait partie des Urban sketchers depuis un an. Pascale, quant à elle, participe aux séances de dessin depuis deux ans. Aujourd’hui, elle a déplié sa chaise au milieu des concessions en ruine du vieux cimetière et souhaite dessiner « le chaos des très vieilles tombes ». « L’ambiance au sein du groupe est formidable. Il y a beaucoup d’échanges entre nous et de bienveillance », raconte-elle. « Nos dessins sont une transmission importante pour nos familles et nos amis. S’il n’y avait pas eu le groupe je n’aurai jamais osé venir ici », détaille Jean-François, un Urban sketcher depuis cinq ans. Une réflexion partagée par Pascale : « Le fait que se soient les Urban, me permet d’aller dans des endroits où je n’irai pas si j’étais seule ». Sylvie, assise sur un banc du cimetière rajoute : « En groupe, on a plus d’audace, on est moins gêné ».

Le dessin comme moyen de tisser des liens

« Nos croquis sont une façon de figer le patrimoine, même s’il n’y a aucune arrière-pensée de conservation. On dessine pour le plaisir », raconte Bernard Guerineau entre deux coups de crayon et quelques regards vers son modèle du jour : la tombe d’un ancien maire de Brest. Ce lundi, c’est le coordinateur des activités. À travers le dessin, les Urban sketchers ont tissé des liens. « On s’entraide et on apprend énormément. Ceux qui sont doués en perspective, par exemple, vont aider ceux qui ont plus de mal », explique Pascale. Henriette a intégré le collectif il y a six ans. Comme Pascale, elle apprécie la cohésion de groupe : « Je fais partie des Urban pour le plaisir de dessiner et d’apprendre. On se nourrit tous entre nous. Et puis, ça nous permet de découvrir Brest et de témoigner de l’état de la ville à un moment précis ».

Une quinzaine de personnes étaient présentes ce jour. La séance s’est terminée au coup de sifflet de l’une des participantes.