l’essentiel
À Toulouse, l’association ArtLinker, portée par une quinzaine d’artistes, lance une artothèque nouvelle génération : des œuvres à emprunter comme des livres, directement dans les ateliers.
« Une bibliothèque d’art, mais hors les murs » : c’est ainsi que Raphaël Bergère, artiste plasticien, et Eric Rumeau, photographe et vidéaste, résument leur projet. Créée en 2022, ArtLinker était d’abord une plateforme destinée à donner de la visibilité aux artistes. « On voulait aider à montrer les œuvres et trouver des modes de rémunération », raconte Raphaël Bergère. Rapidement, plus de 250 artistes et 1 700 œuvres s’y sont retrouvés. Mais l’équipe voulait aller plus loin : « Remettre les œuvres dans les mains des gens », voilà le but.
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L’artothèque fonctionne sur abonnement, à partir de 9 € par mois ou 100 € par an pour quatre œuvres renouvelables chaque trimestre. Des tarifs réduits sont également proposés. L’emprunt peut aussi mener à l’achat. Particularité : aucun lieu de stockage. Les œuvres restent chez les artistes. « L’idée est que les emprunteurs aillent directement dans les ateliers », souligne le photographe. Voir l’endroit où la pièce est née, rencontrer l’artiste, échanger : l’expérience prime. Le modèle suit les principes de l’économie sociale et solidaire : 70 % des recettes reviennent aux artistes.
Une sélection ouverte mais exigeante
Pour rejoindre l’artothèque, les candidats passent devant un comité mêlant universitaires, directeurs de lieux d’exposition et artistes. « On attend une certaine maturité dans la démarche », précise Eric Rumeau. Une vingtaine d’artistes et près de 200 œuvres composent le premier fonds : peintures, dessins, photos, petites sculptures, œuvres numériques, toutes faciles à transporter. Pour la vidéo, les œuvres sont remises sur clé USB.
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Le fonctionnement reste encadré : contrat, état des lieux, assurance. « Comme une location de voiture, mais en beaucoup plus léger », sourit Eric Rumeau. Une cartographie interactive permettra bientôt de visualiser les œuvres disponibles autour de soi. Avec une soirée de lancement le 2 décembre, encore difficile d’évaluer l’impact du projet mais l’équipe se dit confiante. Les artistes, eux, y voient une manière de toucher de nouveaux publics et de désacraliser l’art.
« On veut créer un lien humain autour de l’art », conclut l’artiste plasticien. À Toulouse, l’artothèque d’ArtLinker espère devenir ce point de rencontre où chacun pourra repartir d’un atelier avec un fragment de création contemporaine.
www.theartlinker.com