Le général Kyrylo Boudanov, alors chef du renseignement militaire ukrainien, à Kiev, le 23 février 2025. Le général Kyrylo Boudanov, alors chef du renseignement militaire ukrainien, à Kiev, le 23 février 2025. RAFAEL YAGHOBZADEH POUR « LE MONDE »

Dans la pénombre dans laquelle Kyrylo Boudanov aime travailler, entouré d’emblèmes militaires et de trophées pris à l’ennemi par des unités des forces spéciales, un écran de télévision fixé au mur, face à son bureau, est une des rares sources de lumière. En février 2023, recevant Le Monde, le chef du renseignement militaire ukrainien (HUR) regardait, narquois, une carte de la capitale russe. « Leur cible était Kiev. Pourquoi ne regarderais-je pas la carte de Moscou ? », faisait-il mine de s’interroger en souriant, quittant un instant le masque impénétrable qu’il affectionne. Le maître espion ukrainien ne dédaigne ni la communication ni la provocation calculée, même s’il reste un guerrier dans l’âme.

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Soldat depuis 2007, sa carrière dans les forces spéciales et les services de renseignement lui ont valu, depuis l’éclatement du conflit dans le Donbass en 2014, autant de blessures au combat que de médailles. Chef du HUR depuis 2020, confronté à l’invasion russe à grande échelle depuis février 2022, il s’est notamment illustré en ordonnant des opérations audacieuses en Russie, devenant l’un des hommes les plus populaires du pays. Et le fait que ses hommes confient parfois qu’il arrive au général de participer lui-même clandestinement à des opérations derrière les lignes ennemies n’a fait qu’accroître son aura.

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