Longtemps tenu en respect par un Racing accrocheur, Bordeaux a totalement changé de dimension après la pause. Une dernière demi-heure à sens unique.
Damian Penaud a inscrit le premier essai de la rencontre face au Racing 92 – © UBB Rugby
Pendant une heure, le match a avancé sur un fil. Sérieux, discipliné, parfois opportuniste, le Racing 92 a longtemps fait douter l’Union Bordeaux-Bègles, incapable de faire le break malgré une domination territoriale par séquences. À la pause, l’UBB ne comptait qu’une courte avance (15-13), obtenue après la sirène, et rien ne permettait encore d’imaginer la suite.
La première période a d’ailleurs raconté un match serré, parfois haché. Bordeaux a ouvert la marque par Damian Penaud, bien servi dans son couloir, mais le Racing a répondu avec méthode. Ugo Seunes a maintenu les siens dans le match, au pied comme au drop, avant que la puissance de Nathan Hughes ne permette aux Franciliens de passer devant. Bordeaux a insisté, sans toujours être précis, jusqu’à cette pénalité de Maxime Lucu juste avant les vestiaires, pour reprendre un mince avantage.
Le tournant arrive après la pause. L’UBB accélère, met plus de rythme dans ses sorties de balle et gagne enfin les collisions. La pénalité jouée à la main à cinq mètres est le signal : Cyril Cazeaux conclut en force, Penaud enchaîne rapidement avec un doublé plein de malice, et Bordeaux repasse devant (22-20), puis prend l’ascendant mental. Le Racing tente de s’accrocher, croit même inscrire un essai rapidement refusé après arbitrage vidéo, mais cette séquence casse son élan. Dans la foulée, Bordeaux sent que le match peut lui échapper… ou lui appartenir totalement.
La démonstration bordelaise
À partir de là, il n’y a plus vraiment de débat. Matthieu Jalibert prend la main, impose son tempo et joue juste. Les entrées de Louis Bielle-Biarrey et Nicolas Depoortere font exploser les lignes. Depoortere traverse le terrain sur 50 mètres, Moefana conclut après un ballon traînant, et Bordeaux déroule.
Dans le dernier quart d’heure, le Racing est submergé. Bielle-Biarrey s’offre un doublé plein de sang-froid, avant de revenir une dernière fois conclure dans les dernières minutes, Lucu transformant pour porter le score à 62 points. Chaban se régale, le banc bordelais fait la différence, et l’écart devient lourd, presque brutal.
Au final, ce 62-20 raconte un match à deux visages. Une heure disputée, équilibrée, puis une fin de rencontre totalement bordelaise. L’UBB a attendu son moment, avant de frapper sans retenue. Le Racing, lui, a tenu… jusqu’à ce que le rythme s’emballe.