Donald Trump a mis ses menaces à exécution. Alors que la pression monte entre les États-Unis et le Venezuela, de fortes explosions avec des bruits ressemblant à des survols d’avions ont été entendues dans la capitale du pays, Caracas. Le président des États-Unis a annoncé que Nicolás Maduro et sa femme ont été capturés et exfiltrés.

Selon des médias américains, l’opération était prévue pour Noël, mais la priorité a été donnée à des frappes contre des cibles de l’État islamique au Nigeria. Ensuite, les conditions météorologiques auraient retardé le plan américain. Ce qu’il faut savoir.

De fortes explosions entendues

De fortes explosions avec des bruits ressemblant à des survols de missiles ou d’avions ont été entendues peu avant 02h00 samedi à Caracas et se poursuivaient une heure plus tard. Sur les réseaux sociaux, des images de grands incendies avec des dégagements de fumée sont visibles sans qu’il soit possible de localiser précisément le lieu de ces explosions qui semblent avoir eu lieu dans le sud et l’est de la capitale vénézuélienne. Des explosions ont également été entendues à l’aéroport et au port de Caracas, a affirmé une habitante de La Guaira, sous couvert d’anonymat.

D’autres habitants ont dit avoir entendu des explosions à Higuerote, à une centaine de kilomètres à l’est de Caracas. Dans beaucoup de quartiers, les habitants se sont rués à leurs fenêtres et terrasses pour tenter de comprendre ce qui se passait. Le courant est coupé dans certains secteurs de la ville, selon des habitants.

Les explosions, dont certaines ont secoué les fenêtres à des kilomètres à la ronde, n’ont pas pu être localisées précisément dans l’immédiat. Elles semblent avoir eu lieu dans le sud et l’est de la capitale vénézuélienne, et possiblement à Fuerte Tiuna, l’énorme enclave militaire dans la ville. Elle abrite le ministère de la Défense et l’Académie militaire. De très vaste étendue, il abrite non seulement des structures militaires, mais aussi des espaces urbains de logement de troupes où vivent des milliers de familles.

A une des portes d’entrée – toujours gardée -, un petit blindé et un camion portaient des impacts visibles de balles, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des habitants fuyaient la zone au petit matin avec valises et sacs.

D’autres explosions ont retenti près du complexe aéronautique de La Carlota, aéroport militaire et de vols privés, dans l’est de Caracas. Un petit blindé brûlant et un bus calciné étaient visibles, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Des explosions ont également été rapportées dans l’ouest du pays, à la Guaira (aéroport international et port de Caracas), à Maracay, capitale de l’État d’Aragua (100 km au sud-ouest de Caracas), et à Higuerote (100 km à l’est de Caracas) dans l’État de Miranda, sur la côte Caraïbe.

« Une attaque à grande échelle », le président capturé

Les États-Unis ont mené « une attaque à grande échelle » contre le Venezuela, a annoncé Donald Trump sur son réseau social, Truth Social. Il a également annoncé que Nicolás Maduro et sa femme ont été capturés et exfiltrés du pays. Une conférence de presse sera organisée à 17 heures depuis la Floride.

Dans un bref entretien téléphonique avec le   New York Times », le président Trump a donné quelques élément  :   Beaucoup de bonne planification et beaucoup de grandes, grandes troupes et de grandes personnes[…]) Ce fut une opération brillante, en fait  »

La vice-présidente réclame des preuves de vie de Maduro

Delcy Rodriguez, vice-présidente du Venezuela, ’’est exprimée à la télévision. Elle annonce q’’elle ignore où se trouvent Nicolás Maduro et sa femme. Elle demande que les États-Unis fournissent des  «preuves de vi e» du couple présidentiel. Dans un message publié sur X, le sénateur Mike Lee explique avoir échangé avec Marco Rubio, le secrétaire ’’État. Il a annoncé que Nicolás Maduro   avait été arrêté par les forces de ’’ordre américaines pour être jugé aux États-Unis et que ’’intervention armée dont nous avons été témoins ce soir visait à protéger les personnes chargées de ’’exécution du mandat ’’arrêt  »

Nicolás Maduro avait été inculpé aux États-Unis en 2020 pour corruption, trafic de drogue et’d’autres chefs’d’accusation. Le département’d’État avait annoncé une récompense de  0 millions de dollars pour toute information menant à son arrestation ou à sa condamnation.

Les menaces de Trump

Ces déflagrations surviennent alors que le président américain, Donald Trump, qui a fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes, a évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président vénézuélien, Nicolás Maduro, étaient « comptés ».

Il a déclaré lundi que les États-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela, ce qui serait la première attaque terrestre américaine sur le sol vénézuélien

Le président Maduro s’était lui montré confiant lors d’une interview diffusée jeudi affirmant : « le système de défense nationale a garanti et garantit l’intégrité territoriale, la paix du pays et l’usage et la jouissance de tous nos territoires »

Donald Trump accuse le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic que l’intéressé dément, reprochant aux États-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.

Pour la Russie,  «un acte d’agression armée»

La Russie, allié principal du Venezuela, a condamné « un acte d’agression armée », rejetant « les prétextes utilisés pour justifier de telles actions » et regrettant que « l’hostilité idéologique ait triomphé du pragmatisme d’usage ».

Autre soutien du Venezuela, l’Iran a pointé une « violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays », fustigeant « l’agression illégale des États-Unis », ennemi de la République islamique.

En Europe, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a appelé à la « retenue » et au respect des « principes du droit international et de la Charte des Nations unies ». L’Espagne s’est proposée pour jouer les intermédiaires, se disant « disposée à offrir ses bons offices pour parvenir à une solution pacifique et négociée à la crise actuelle ».

Le Venezuela a demandé samedi une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.