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Menée sur Caracas, la capitale du Venezuela, une opération militaire aussi soudaine que spectaculaire a permis d’exfiltrer aux États-Unis, pour y être jugé, le président du pays sud-américain, Nicolas Maduro, ainsi que son épouse. Donald Trump jubile.
L’Iran, le Nigeria et maintenant le Venezuela. Il était 2 heures du matin samedi quand des missiles, soutenus par des hélicoptères militaires, ont, à la stupeur générale, déchiré la nuit noire de Caracas, la capitale du Venezuela. But de cette opération, baptisée Absolute Resolve (détermination absolue, NDLR) et accomplie sans accroc en quelques minutes seulement : kidnapper et exfiltrer vers les États-Unis le président du pays, Nicolas Maduro, ainsi que son influente épouse, Cilia Flores.
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Tous deux, tirés de leur sommeil au sein même du palais présidentiel, sont désormais inculpés de « complot pour narcoterrorisme, complot pour importation de cocaïne, possession de mitrailleuses et d’autres engins destructeurs et complot pour possession de ce matériel », selon la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi. Et tous deux doivent désormais être présentés à un juge américain. L’épilogue, suivi en direct et avec ravissement par Donald Trump, de longues semaines de tensions entre le Venezuela et les États-Unis, les seconds accusant le premier d’importer de la drogue sur leur sol.
Une photo de Maduro
Avant de s’exprimer officiellement devant la presse dans sa résidence floridienne de Mar-a-Lago en fin de journée, le président américain a, tout au long de ce samedi, distillé des précisions sur cette opération « préparée depuis de longs mois », oscillant entre informations importantes et fanfaronnades déplacées. La publication, sur son propre réseau social Truth Social, d’une photo peu valorisante de l’autocrate déchu, en jogging gris, casque sur les oreilles et masque sur les yeux, en est l’une des illustrations les plus marquantes.
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« Il s’agit d’un assaut inédit depuis la Seconde guerre mondiale », s’est glorifié le locataire de la Maison blanche devant les nombreux journalistes massés devant lui, se félicitant également du fait « qu’aucun militaire ou équipement américain » n’a été perdu dans cette spectaculaire opération – un militaire aurait toutefois été blessé à bord d’un hélicoptère.
Poussant son avantage, Donald Trump a alors ni plus ni moins annoncé la mise sous tutelle du Venezuela post-Maduro. « Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse », a clairement énoncé le président américain, sans donner aucun délai quant à la mise en place d’une situation plus apaisée. Donald Trump a même promis une « seconde attaque » au Venezuela si le clan Maduro cherche à s’accrocher au pouvoir à Caracas.
« Il devrait faire gaffe à ses fesses »
Par ailleurs, et là encore sans se cacher derrière son petit doigt, le maître de Washington a expliqué qu’il allait autoriser les compagnies pétrolières américaines à se rendre au Venezuela pour exploiter les réserves massives de brut du pays. « Nos très grandes compagnies […] vont se rendre sur place […] réparer les infrastructures gravement endommagées […] et commencer à générer des revenus pour le pays », a-t-il promis, là encore sans davantage de précisions sur cette captation des ressources vénézuéliennes.
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Enfin, trente ans jour pour jour après l’enlèvement du président Noriega au Panama, Donald Trump, tout à la gloire d’une opération réussie, ne se fixe aucune limite : le régime communiste de Cuba est dans le viseur. Quant au président colombien de gauche, Gustavo Petro, « il devrait faire gaffe à ses fesses ». Parole de shérif.