Le bourdonnement est déjà là quand le train s’arrête en gare de Kherson. Un son régulier, métallique, que les habitants identifient sans hésiter. Un drone. Des policiers traversent le quai en courant. « Descendez au sous-sol, vite ! » En quelques secondes, la scène résume la réalité de la seule capitale régionale ukrainienne occupée par les Russes au début de l’invasion, libérée le 11 novembre 2022, mais toujours en première ligne depuis.
Ici, les discussions autour d’un éventuel plan de paix sont suivies avec inquiétude. Mardi, Paris va réunir les alliés de Kiev de la « coalition des volontaires » pour renforcer leur soutien, notamment en matière de garanties de sécurité et de partage des territoires.
À Kherson, la crainte est précise : un gel du front se ferait sur la ligne actuelle, qui sépare la petite rive droite ukrainienne à l’ouest – environ un quart des terres de la région – de la vaste rive gauche, à l’est, occupée par la Russie. Basées à moins de 5 kilomètres, les forces russes frappent quotidiennement la ville avec leur artillerie et surtout des drones FPV aux caméras embarquées.