On l’appelait la « grande dame des musées ». Elle en avait écumé beaucoup effectivement, contribuant à introduire l’art contemporain en province… Surtout à Toulon, où elle prit les rênes du musée d’art.

Le 29 décembre 2024, Marie-Claude Beaud y est décédée, laissant derrière elle beaucoup de souvenirs et de traces de son époque (bénite).

De Bordeaux à Toulon en passant par New York

Un an après, l’une de ses nièces, Anne-Cécile, se souvient : « Nous sommes ravis que le musée de Toulon ait dédié un espace à son nom. La fondation Cartier à Paris, où elle a travaillé également, lui a rendu un magnifique hommage en donnant son nom à un auditorium multiforme d’un incroyable rouge Cartier. Tout ça nous fait chaud au cœur et témoigne du talent et de la liberté de Marie-Claude. »

Marie-Claude Beaud avait d’abord fait ses armes en France au musée CAPC de Bordeaux, où elle avait imposé des artistes honnis ailleurs. Bingo ! Cela avait attiré tous les regards.

En 2005, la princesse Caroline de Monaco l’avait appelée pour prendre la tête de la direction artistique du Prix international d’art contemporain de la Fondation Prince Pierre de Monaco.

Elle dirigea ensuite le Nouveau musée national de Monaco.

En parallèle, elle avait soutenu, depuis le début, l’ascension de la Villa Noailles, à Hyères, comme centre d’art contemporain. Accompagnant le virage mode et design des créateurs.

Avant de s’en éloigner discrètement.

Mais, surtout, Marie-Claude avait soutenu, encouragé et porté des artistes majeurs du XXe siècle. Basquiat, Warhol, Lou Reed, John Cale… Durant ses escapades à New York, elle baignait dans le milieu arty des années 80.

« D’ailleurs, c’est elle qui avait organisé le dernier concert du Velvet Underground à la fondation Cartier au début des années 1990. Un événement unique », ajoute Anne-Céline.

Rendez-vous à Port-Cros pour MCB !

Ce patchwork a été réalisé par Anne-Céline, l’une de ses nièces. «Il lui ressemble.» Photo DR

Pas étonnant que le siège de la Fondation Cartier garde une empreinte de son passage. Tout comme Toulon, où les cendres de MCB, comme aimaient l’appeler ses proches, ont été dispersées en septembre dernier.

« On a pris un bateau entre famille et amis et on est partis au large, raconte sa nièce. Puis on s’est tous retrouvés sur l’île de Port-Cros, où Marie-Claude avait ses habitudes. Au Manoir de Port-Cros, une grande table avait été préparée par le maître des lieux (ami de Marie-Claude) et on a tous ri, pleuré et partagé nos souvenirs. »

Pour Anne-Céline, « MC était une femme libre depuis le début. Sans compromis. Pour moi, elle est un exemple quasi philosophique, dont j’essaie de m’inspirer au quotidien. »

Vente d’œuvres d’art bientôt ?

Sa dernière demeure a été un grand appartement à Toulon, du côté du quartier de Chalucet. Et dans lequel de nombreuses œuvres de maîtres de l’art contemporain avaient été accumulées par la maîtresse des lieux.

Elle nous en avait parlé lors de la grande interview que nous lui avions consacrée quelques mois avant sa mort.

La succession est en cours, mais une partie de ses œuvres d’art seront bientôt mises en vente. Toute la peinture contemporaine du XXe siècle s’y retrouvera. Avec, dedans, des trésors de l’art moderne, encore méconnus à ce jour.

On rêve alors que cette vente s’organise à Toulon, la ville préférée de la fin de sa vie, où les couleurs du ciel lui donnaient du baume au cœur.