Dans la famille des Nabis, il y eut Pierre Bonnard, dit « le Nabi très japonard », Paul Sérusier, dit « le Nabi à la barbe rutilante », Maurice Denis, dit « le Nabi aux belles icônes »… Mais il y eut aussi un « Nabi journaliste », figure singulière que la postérité a hélas quelque peu malmenée. Or voilà que, près de 90 ans après sa mort, Henri-Gabriel Ibels (1867–1936) n’a pas dit son dernier mot : à Saint-Germain-en-Laye, le musée Maurice-Denis consacre à cet artiste méconnu, mais néanmoins essentiel, sa première rétrospective, donnant à voir, à travers quelque 250 œuvres, l’étourdissante richesse de sa carrière.

L’événement s’accompagne de la publication d’une belle monographie aux éditions In Fine, tandis que l’exposition fera ensuite escale au musée Toulouse-Lautrec d’Albi. Fruit d’un travail titanesque, le parcours dévoile de nombreux inédits. Il faut dire qu’Ibels avait la fâcheuse habitude de ne pas dater ses œuvres. Heureusement, il prenait en revanche grand soin de les signer : « C’est grâce à lui qu’a été créée la société des droits d’auteur pour les arts plastiques », précise Fabienne Stahl, conservatrice au musée Maurice-Denis et commissaire de l’exposition.

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