Depuis plusieurs années, 60 Millions de consommateurs
s’intéresse de près à la composition de nos produits d’hygiène du
quotidien. Une édition spéciale publiée en 2023 s’est penchée sur
14 références de gels douche et savons. Cela a
pour but de mieux guider les consommateurs dans leurs choix.
L’objectif de l’association n’est pas de débusquer des ingrédients
illégaux. Il s »agit plutôt de repérer ceux qui, tout en respectant
la réglementation, sont jugés moins sûrs ou controversés.

Les produits les plus mal notés ne sont donc pas
nécessairement dangereux
en soi. Toutefois, ils présentent
un niveau de risque jugé plus préoccupant lorsqu’ils sont utilisés
tous les jours, surtout en combinaison avec d’autres cosmétiques ou
produits ménagers contenant les mêmes substances.
Les gels douche
appartiennent à la catégorie des produits à
rincer. Cela limite en partie la pénétration cutanée de certains
composés. En revanche, le rinçage entraîne ces ingrédients dans les
eaux usées. Cela soulève aussi la question de leur impact sur
l’environnement.

Comment choisir plus sereinement son gel douche ?

Au-delà de deux gels douche épinglés par
60 millions de consommateurs
, l’enseignement principal de ce
travail reste que la vigilance doit porter sur les familles
d’ingrédients plutôt que sur quelques marques isolées. L’étude met
notamment en avant la présence fréquente
d’allergènes
, de tensioactifs irritants ou polluants, de
polymères et de colorants azoïques, ainsi que de certains
conservateurs suspectés d’être cancérogènes, mutagènes,
reprotoxiques ou perturbateurs endocriniens, comme l’acide
salicylique.

Un perturbateur endocrinien est une substance capable de
dérégler certaines fonctions hormonales et d’avoir
des effets à la fois sur la santé humaine et sur les écosystèmes
lorsqu’il se retrouve dans l’environnement. Pour limiter
l’exposition globale, le réflexe le plus protecteur consiste donc à
réduire l’usage quotidien de produits cumulant ce type de composés,
même s’ils restent autorisés par la réglementation.

S’orienter vers des formules plus simples

Concrètement, il est possible d’orienter ses choix vers des
formules plus simples : listes INCI courtes, moins de parfums et de
colorants, labels ou démarches plus transparentes sur l’impact
environnemental. Les kits DIY ou certains savons peu transformés
montrent cette tendance, sans qu’ils soient pour autant parfaits.
Et pour cause, ils peuvent eux aussi contenir quelques
ingrédients irritants ou discutés.


En 2026, l’enjeu principal n’est donc pas seulement
d’éviter certains produits.
C’est surtout d’adopter une
approche plus globale et informée de ses cosmétiques. Il s’agit
donc de se concentrer sur la composition, la fréquence
d’utilisation et la multiplication des sources d’exposition au sein
de la salle de bain. Dans le classement réalisé par 60 Millions de
consommateurs, deux gels douche se retrouvent en queue de peloton.
Ils sont clairement à éviter en usage
quotidien…

Deux références à éviter en 2026

Le dernier du classement est le Nuxe Men, Gel douche
multi-usage,
seul produit spécifiquement destiné aux
hommes dans cette sélection. Il obtient un score santé D, un score
environnement E et un cosmeto’score E. L’association souligne au
passage que les hommes « ne paraissent pas une cible pour les
produits les mieux formulés ». Une autre référence se voit attribuer
un score santé E. Il s’agit du gel douche Nocibé, Les
délices tartes amandine.
Ces notes traduisent une
formulation jugée plus problématique, à la fois pour la santé et,
pour certains critères, pour l’environnement.

À l’inverse, en tête de classement figure le kit do-it-yourself
« Ma box au naturel ». Il contient moins de parfums, d’allergènes et
de colorants que les autres gels douche, tandis que le kit Graine
créative (savons licornes) ne comporte pas d’ingrédient parfumant
mais reste pénalisé par quelques composants irritants ou
controversés.  Pour les enfants, le constat n’est pas plus
rassurant. En effet, des produits comme Tahiti Kids cheveux
& corps
sont pointés du doigt pour la présence de PEG,
PPG, EDTA et ammoniums quaternaires. On retrouve aussi des
substances suspectées d’être perturbateurs endocriniens. Cela en
fait des références à éviter comme produits du quotidien. Ces
observations rappellent que la cible marketing « famille » ou
« enfant » ne garantit pas automatiquement une meilleure qualité de
composition.