Depuis quelques années, la possibilité d’exploiter les astéroïdes prend de plus en plus d’ampleur. Dans le cadre d’une récente étude, des chercheurs espagnols ont apporté du nouveau en ce qui concerne le choix du type d’astéroïdes à explorer à des fins d’exploitation. Ces recherches très intéressantes apparaissent dans un contexte assez tendu, puisque certains métaux cruciaux deviennent de moins en moins accessibles sur Terre.
Une étude portant sur un certain type d’astéroïdes
D’une manière générale, l’électronique, les systèmes d’énergie renouvelable et l’industrie des transports dépendent de matières premières comme le cuivre, le magnésium, le lithium, le nickel ou encore le cobalt, entre autres. Aujourd’hui, ces « ressources stratégiques » essentielles à la transition énergétique sont de moins en moins accessibles, en raison d’une abondance relative et/ou à des défis de nature géopolitique ou en lien avec l’environnement. Depuis les années 1970, une idée a germé dans l’esprit de certains scientifiques : coloniser et exploiter les ressources des astéroïdes. Depuis, l’exploration spatiale est une voie potentielle d’accès à de nouvelles sources de ressources stratégiques. Néanmoins, il est important de souligner que jusqu’ici, tout projet de la sorte reste encore hypothétique.
Une équipe de l’Institut de Sciences de l’Espace à Barcelone (Espagne) a mené des travaux intéressants, comme en témoigne leur publication dans la revue Monthly Notices en novembre 2025. Les scientifiques ont d’abord rappelé que l’hypothèse dominante jusqu’à aujourd’hui privilégiait l’exploitation minière sur des astéroïdes de type M, c’est à dire des astéroïdes riches en métaux. Cependant, l’étude a exploré la piste des astéroïdes de type C – plus petits et riches en carbone – afin de vérifier l’intérêt d’une éventuelle exploration à des fins d’exploitation. De plus, ces objets renfermeraient des informations uniques concernant l’histoire chimique du Système solaire ancien.
Des objets plus intéressants sur le plan scientifique
Les scientifiques espagnols ont analysé des échantillons de météorites retrouvées sur Terre, avec pour objectif de définir la composition des « chondrites carbonées », c’est à dire les ancêtres des astéroïdes de type C. Représentant seulement 5% des découvertes, ces dernières sont plutôt fragiles et sont susceptibles de se briser avant même leur arrivée sur notre planète. Pourtant, elles contiennent une quantité plus que notable de matière carbonée et de minéraux riches. A l’aide de techniques comme la spectrométrie de masse, les auteurs de l’étude ont dressé une liste de métaux plus ou moins importants, notamment le fer, le nickel mais également, certaines « terres rares ».
Crédit : Steve Jurvetson / FlickrExemple de chondrite carbonée.
Malheureusement, il est principalement question d’astéroïdes non différenciés qui au regard de nos technologies actuelles, seraient très difficiles à exploiter. Il s’avère que ces objets sont très hétérogènes, si bien que les matériaux qui pourraient intéresser l’humanité sont trop dispersés. Toute exploitation ne saurait être vraiment rentable, surtout qu’il faut également composer avec la présence de régolithe fragmenté. Autrement dit, les astéroïdes de type C présentaient davantage d’intérêt sur le plan scientifique que sur le plan économique. Ainsi, les chercheurs ont tenté d’identifier des astéroïdes primitifs plus intéressant en termes d’exploitation.
Il faut dire que certains corps ont des signatures minéralogiques reconnaissables, par exemple des bandes d’olivine et de spinelle. Ceci est le signe d’une structure interne plus homogène et donc, d’une concentration plus importante en matériaux utiles. Cependant, les chercheurs ont affirmé que le choix des astéroïdes à exploiter devra se faire en fonction des ressources que l’on recherche. Néanmoins, avant tout projet d’envergure, il sera obligatoirement nécessaire d’obtenir au préalable des échantillons provenant de ces objets. Enfin, d’autres notions ne doivent pas être ignorées, comme la faible gravité à leur surface qui sans doute, nécessitera la mise au point de nouvelles techniques d’extraction et de traitement.