Pourquoi l’année 2026 n’en profiterait-elle pas aussi ? Certes, 2025 a bénéficié du symbole : puisqu’en 1925 avait été organisée à Paris la fameuse exposition internationale des arts décoratifs, la date s’imposait d’elle-même pour célébrer le centenaire de l’Art déco.
Mais on sait bien que les courants artistiques n’ont que faire des carcans trop restrictifs. Et l’Art déco s’est exprimé largement dans les années qui ont suivi et même les années 30. Il s’exprimera donc encore en 2026 au Musée des Beaux-Arts qui lui consacre depuis deux mois une très riche expo.
Jusqu’au 1er mars, est passé en revue au MbaN un courant qui (comme son prédécesseur l’Art nouveau) avait la caractéristique de s’exprimer non seulement via l’art, destiné au seul regard, mais aussi via l’objet, qui habitait et habillait le quotidien. Que ce soit sous forme de vases ou de chaises, d’armoire, de lit, de peigne ou de jouets, de vitraux, bijoux, napperons, mouchoirs, etc. Et même d’encensoirs, calices ou tabernacles, l’art sacré n’échappant pas à ce courant d’une résolue modernité.
Un foisonnement à appréhender en 350 objets sur 500 m2 d’exposition construite grâce à la collaboration des équipes du MbaN, du Musée Lorrain et du musée de l’École de Nancy et la contribution de nombreux collectionneurs privés.
Et pour en élargir la découverte a été conçu un riche programme d’animation. Avec plusieurs rendez-vous dès ce début d’année.
Loulou joyau du cinéma
En toute subjectivité, citons d’abord la projection de Loulou , chef-d’œuvre de George Whilhelm Pabst (1929), où Louise Brooks, arborant sa célèbre coupe garçonne, s’imposa à jamais comme l’incarnation d’une femme libre, tourmentée autant que fatale, incandescente, perdue entre Berlin et Londres, futures capitales ennemies… Un joyau de l’histoire du cinéma. La projection aura lieu au Caméo Commanderie le jeudi 22 janvier, à 20 h 15, en présence de Stefan Droessler, directeur des archives du Filmmuseum de Munich.
Au Caméo toujours, est programmé également L’inhumaine , de Marcel l’Herbier (1924), le jeudi 12 février, en présence de Marie Frappat, maîtresse de conférences en études cinématographiques à l’Université Paris Cité (20 h 15)
Ciné encore, mais Ciné-concert, le 15 janvier (19 h 30), salle Sadoul, avec Fragments d’entre-deux-guerres. S’il est une soirée à ne pas manquer, ce sera le 6 février (19 h-23 h) au Musée des Beaux-Arts, qui nous invite à « revivre les Années Folles à Nancy », en associant danse, musique, costumes et autres idées créatives.
Et pour conclure en beauté cette célébration Art déco, est proposée une « Conversation avec Joséphine », le dimanche 1er mars à 15 h au MbaN, par la comédienne metteure en scène Maroussia Pourpoint. Joséphine… Baker, on l’aura compris. Là encore une éblouissante figure emblématique de l’entre-deux-guerres.
Visites flash
Enfin, signalons que ces deux prochains mois, des visites guidées de l’exposition, en mode flash ou non, permettent d’en appréhender toute la richesse, à destination d’enfants ou d’adultes. De même qu’un cycle de cours d’histoire de l’art en écho à l’expo est ouvert par l’association Héré (prochain rendez-vous les 7 janvier, 21 janvier et 24 février, au MbaN, à 20 h 15). Autant d’occasions de vérifier que l’Art déco n’avait pas pour seule vertu de « faire décoratif ».
« Nancy 2025, une expérience de la vie moderne », musée de Beaux Arts, jusqu’au 1er mars.