Les pays alliés de Kiev ont travaillé ces derniers mois à rapprocher les points de vue européens, américains et ukrainiens. Cette « coalition des volontaires », qui réunit notamment de nombreux pays européens (1), entend le montrer à Paris, ce mardi 6 janvier 2026. Les chefs d’État de vingt-sept pays veulent acter le fait qu’ils ont réussi leur exercice de « reconvergence » entre les différents acteurs occidentaux pour parvenir à une paix durable en Ukraine.

À ce titre, l’émissaire spécial américain Steve Witkoff, accompagné de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, sera également présent dans la capitale parisienne. Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, est lui aussi attendu sur place.

Dans quel contexte est née la coalition des volontaires ?

L’hiver dernier, les déclarations et les prises de position des États-Unis, leur allié et protecteur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, sur le conflit en Ukraine avaient laissé l’Europe sidérée. Donald Trump venait de rendre compte d’un long échange téléphonique, le 12 février, avec Vladimir Poutine et avait partagé sa volonté de lancer des négociations « immédiates » pour mettre fin à la guerre. Deux jours plus tard, c’est son vice-président, J.D. Vance, qui était venu à Munich faire la leçon aux alliés des États-Unis évoquant même « le recul de l’Europe par rapport à certaines de ses valeurs les plus fondamentales ». Le point d’orgue était atteint à la fin du mois dans le Bureau ovale, lorsque Donald Trump s’en était violemment pris à Volodymyr Zelensky devant les médias.

Un vaste plan en cinq points

Dans ce contexte, les Européens ont cherché à réagir. Le 17 février, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, quelques dirigeants européens se sont réunis en réaction à l’appel de Donald Trump à Vladimir Poutine et ont acté la naissance de cette coalition des volontaires. Elle s’est ensuite réunie une première fois à Paris le 27 mars.

Quel rôle veut jouer la coalition des volontaires dans la sortie du conflit ?

Écartée des négociations de paix et de cessez-le-feu, l’Europe veut montrer qu’elle est capable de continuer à soutenir l’Ukraine qui résiste à l’invasion russe et, surtout, de lui offrir des garanties de sécurité pour son avenir. Celles qui doivent permettre l’établissement d’une paix durable et prévenir une nouvelle agression russe. Derrière le leadership franco-britannique, les états-majors ont commencé à planifier des mesures qui pourraient être prises collectivement en ce sens.

« Ce qui a changé depuis [l’hiver dernier], c’est que le président Trump s’est engagé sérieusement sur la question des garanties de sécurité pour l’Ukraine », explique l’Élysée. Ces garanties doivent être coordonnées avec celles préparées par les pays de la coalition des volontaires. « C’est ce travail qui devra être finalisé lors de la réunion » de ce mardi, assure le palais présidentiel. La conférence de presse programmée à l’issue pourrait permettre de dire comment et dans quel cadre, une fois un cessez-le-feu signé, des négociations pour une paix durable pourraient se tenir.

Ce plan devrait s’organiser en cinq points : la surveillance du respect du cessez-le-feu (et les réponses graduées en cas de violations) ; le soutien aux forces armées ukrainiennes dans le prolongement de ce qui est fait actuellement ; le déploiement d’une force multinationale sur le terrain ; des engagements pour soutenir l’Ukraine en cas de nouvelle agression russe ; une coopération de défense au long cours entre ses partenaires et l’Ukraine.

Des questions encore à régler

La coalition des volontaires s’est réunie à plusieurs reprises au cours de l’année 2025, le plus souvent en visioconférence. Le fait qu’elle rassemble, physiquement à Paris, les chefs d’État et de gouvernement de vingt-sept pays doit être le témoin du sérieux de son engagement, même si, du fait notamment de l’actualité au Venezuela, le secrétaire d’État américain Marco Rubio ne sera pas présent.

Or, concernant l’avenir de l’Ukraine, tout semble encore se passer à Washington alors que la Russie continue d’avancer pas à pas sur la ligne de front et de pilonner l’Ukraine.

Donald Trump a de nouveau accueilli à la Maison-Blanche Volodymyr Zelensky fin décembre et échangé avec Vladimir Poutine sans annoncer d’avancée concrète. Le président ukrainien a cependant voulu montrer son enthousiasme en parlant de « grandes avancées » après cette entrevue dans la capitale américaine. Il a notamment expliqué que le plan de paix américain en vingt points était approuvé à « 90 % ». Il s’est félicité des « garanties de sécurité » pour l’Ukraine apportées par les Américains ainsi que du « plan de prospérité en cours de finalisation » pour son pays. Mais la question des territoires contestés, notamment dans le Donbass, reste loin d’être finalisée et demeure le principal point bloquant d’un éventuel cessez-le-feu.

(1) Elle compte une majeure partie de pays européens, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie, la Suède, la Finlande, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie et l’Espagne, mais aussi la Turquie et le Canada.