La riposte s’organise au Club Var Mer. Fermé par arrêté municipal à la mi-décembre pour d’importantes irrégularités, le centre nautique de Saint-Laurent-du-Var conteste son sort devant la justice.

Ce mardi 6 janvier 2026, une requête en annulation, doublée d’une requête de suspension, a été adressée au tribunal administratif de Nice et au juge des référés.

« La procédure qui permettrait d’annuler la décision municipale va certainement durer un an minimum. Mais le club, avec ses 300 adhérents et les scolaires du Département (1), ne peut accepter de stopper ses activités si longtemps. Ça signerait la fin du centre, crée en 1930 », alerte maître Michel Gravé. « En parallèle, nous avons donc demandé au magistrat de se prononcer en urgence. Nous espérons une audience d’ici une dizaine de jours. Si le recours est accepté, l’ouverture pourrait se faire avant la fin du mois.»

Une bataille qui n’est pas gagnée, l’arrêté municipal étant motivé par un avis défavorable de la sous-commission de sécurité.

Début décembre, les services de l’État ont relevé de graves irrégularités : située sur une zone classée en 2024 comme submersible, la base navale ne possède pas d’autorisation d’occupation du domaine public maritime.

De plus, un local utilisé par le club n’est pas aux normes des établissements recevant du public (ERP).

« La décision municipale est-elle légale et justifiable ? »

Autant de griefs qu’interroge et conteste l’avocat : « La décision municipale est-elle légale et justifiable ? Le risque de submersion n’a pas d’impact direct sur l’exploitation du site [fermé en cas d’alerte météo]. S’il s’agissait d’un hôtel, les enjeux seraient différents… Mais pour un centre de voile, ça n’a pas de sens. Autant interdire toute activité sur le littoral. »

Quid de l’occupation sans droit ni titre ? « La mairie n’est pas propriétaire du terrain. Quelle est sa légitimité à parler d’autorisation ? C’est à l’État de se prononcer. »

Ce qui a été fait : « Les services de l’État ont refusé cette autorisation, puisqu’elle doit faire l’objet au préalable d’une procédure de publicité et de sélection, s’agissant d’une activité économique », signalait la Ville dans nos colonnes, le 19 décembre.

Pour ce qui est du local hors norme ERP, le conseil rappelle qu’il n’en a « jamais été question lors du premier passage de la commission de sécurité », en avril 2025. « Le club s’en est servi pour stocker du matériel. Personne n’est en danger. Et puis, toutes les autres prescriptions ont été suivies, 15 000 euros de travaux ont été engagés. Après tant d’efforts de la part du club, ces nouveaux motifs de fermeture sont pour le moins surprenants…»

De là à y voir des prétextes et un acharnement ? Prudent, l’avocat renvoie à la stupéfaction des signataires d’une pétition s’opposant à la fermeture. Près de 1.000 soutiens ont été récoltés en deux semaines.

(1) Onze classes de six collèges des Alpes-Maritimes devaient être initiées à la voile à partir de la rentrée.

(2) Pétition intitulée « Sauvons le Club Var Mer » sur mesopinions.com