(Paris) Volodymyr Zelensky est arrivé mardi à l’Élysée, à Paris, pour un sommet au cours duquel les pays européens alliés de l’Ukraine et des émissaires américains veulent afficher leur « convergence » sur les garanties de sécurité à fournir à Kyiv en cas d’accord avec Moscou.

Publié à
7 h 08

Mis à jour à
7 h 39

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Francesco FONTEMAGGI et Valérie LEROUX

Agence France-Presse

« Ces discussions doivent fournir plus de protection et de force pour l’Ukraine », a dit le président ukrainien sur le réseau X à son arrivée à la mi-journée. Il a réitéré sa demande de « mesures qui puissent garantir une vraie sécurité pour notre peuple ».

L’entourage du président français, Emmanuel Macron, présente cette nouvelle réunion de la « Coalition des volontaires » comme l’aboutissement des efforts engagés il y a environ un an, après l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, pour éviter que les États-Unis ne « lâchent l’Ukraine ».

« Nous avons réussi cet exercice de reconvergence entre l’Ukraine, l’Europe et l’Amérique », a dit à la presse un de ses conseillers.

Les Européens ont ostensiblement choisi de ne pas condamner fermement le coup de force du président américain au Venezuela, soucieux de le ménager au moment où les tractations politiques se sont à nouveau intensifiées depuis novembre, sous l’impulsion de Washington, en vue d’un accord avec la Russie pour mettre fin à près de quatre ans de guerre.

En parallèle, nouvelle manifestation du jeu d’équilibrisme diplomatique auquel ils s’astreignent, plusieurs pays du Vieux Continent dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont publié mardi une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark face aux revendications du président américain.

Emmanuel Macron a reçu son homologue ukrainien dans un palais présidentiel enneigé pour un tête-à-tête, suivi d’un déjeuner élargi à l’émissaire américain Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.

PHOTO LUDOVIC MARIN, AGENCE FRANCE-PRESSE

L’émissaire américain Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.

Dans la foulée, le sommet réunira 35 pays, dont 27 représentés par des chefs d’État ou de gouvernement, ainsi que les dirigeants de l’OTAN et de l’Union européenne.

Une conférence de presse des présidents Macron et Zelensky, du premier ministre britannique, Keir Starmer, et du chancelier allemand, Friedrich Merz, est prévue en fin de journée.

Les États-Unis ne sont pas membres de cette coalition créée en mars par la France et le Royaume-Uni pour apporter des « garanties de sécurité » à l’Ukraine dans le cadre d’un éventuel cessez-le-feu. Mais leur soutien à Kyiv reste crucial, y compris pour convaincre les autres alliés de s’engager.

C’est sur ce point que porte la « convergence » vantée par Paris.

PHOTO MAKSYM KISHKA, ARCHIVES REUTERS

Un pompier intervient sur le site de garages automobiles touchés par une frappe de missile russe, à Tchernihiv, en Ukraine, le 5 janvier 2026.

« Secret militaire »

Mardi, les dirigeants prendront « des engagements concrets », a promis Emmanuel Macron.

Ils doivent définir leur vision commune des « modalités d’un cessez-le-feu » entre l’Ukraine et la Russie, sur la manière dont il pourra être « vérifié » par drone ou satellite plutôt que par un déploiement militaire terrestre, mais aussi sur leur riposte en cas de violation, a expliqué la présidence française.

Autre point à l’ordre du jour, selon la même source : les « modalités opérationnelles » du « déploiement d’une force multinationale » promise par les Européens pour « réassurer l’Ukraine dans les airs, sur la mer et à terre » face au risque d’une nouvelle attaque russe après un éventuel accord de paix.

Les dirigeants pourraient acter les contributions des différents pays de la coalition à cette mission militaire, mais ils n’en dévoileront que « ce que le secret militaire permet de dire », a prévenu le conseiller d’Emmanuel Macron. Il ne faut donc pas s’attendre à connaître les effectifs de cette force ou les contributions des États prêts à y participer, comme la France et le Royaume-Uni.

Côté français, le chef de l’État pourrait en dire davantage jeudi lorsqu’il recevra la classe politique pour faire le point.

La convergence semble moins complète s’agissant des négociations de paix menées par les États-Unis parallèlement, avec l’Ukraine et la Russie.

Une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump fin décembre, et des appels entre le président américain et son homologue russe, Vladimir Poutine, n’ont pas permis d’avancer sur le principal nœud, les concessions territoriales exigées par Moscou.

PHOTO JIM WATSON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, et le président des États-Unis, Donald Trump, le 28 décembre 2025

Le sujet sera à nouveau évoqué à Paris avec les émissaires américains.

Le Kremlin a fait connaître son intention de « durcir » sa position après avoir accusé l’Ukraine d’avoir voulu viser avec des drones une résidence de Vladimir Poutine, ce que Kyiv dément.

Le chef de l’État russe a répété ces dernières semaines que la Russie atteindrait ses objectifs en Ukraine par la voie des négociations ou par celle des armes.

Des frappes russes ont touché lundi une clinique à Kyiv, tuant deux personnes.

Un mort dans une explosion due au gaz en Russie

Une explosion due au gaz dans un immeuble d’habitation de Tver, dans l’ouest de la Russie, a fait un mort mardi, ont indiqué les autorités régionales qui avaient d’abord imputé l’incident à une attaque de drone ukrainien.

« Les premières constatations des experts [indiquent] qu’il s’agit d’une explosion due au gaz domestique », a déclaré Vitaly Korolev, le gouverneur de la région de Tver, sur Telegram.

« Nous avons cru d’abord à une explosion causée par les débris d’un drone, car des mesures de sécurité étaient en vigueur à ce moment-là », a-t-il poursuivi.

En riposte aux bombardements quotidiens dont son territoire est la cible depuis près de quatre ans, l’Ukraine envoie des dizaines de drones chaque nuit vers le territoire russe, concentrant ses attaques sur les infrastructures énergétiques qui permettent à Moscou de financer son offensive.

Les autorités russes ont dit avoir abattu 129 drones dans la nuit de lundi à mardi.

Selon le ministère de la Défense, six de ces drones ont été détruits au-dessus de la région de Tver, dont le chef-lieu du même nom se situé à près de 200 kilomètres au nord-ouest de Moscou.