Par
Théo Zuili
Publié le
6 janv. 2026 à 16h02
Les médecins libéraux de ville et cliniques sont appelés à la grève depuis lundi 5 janvier 2026 pour dénoncer le budget « insuffisant » de la Sécurité sociale 2026 et faire pression pour retirer certaines mesures de la loi de Finances de la Sécurité sociale qualifiées d’absurdes et accusées d’attaquer leur liberté d’exercice.
Une grève de 10 jours a été lancée par les organisations professionnelles représentatives. Des fermetures ponctuelles de cabinets sont attendues dès mercredi à Lyon et dans le Rhône. Ce que l’on sait.
Une mobilisation « jamais vue » depuis des décennies
D’après la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), premier syndicat des médecins libéraux en France, le mouvement doit être « excessivement suivi ». Le docteur Michel Till, médecin généraliste à Lyon et représentant de la CSMF dans le Rhône, n’a « jamais vu une telle mobilisation depuis les années 90 », assure-t-il auprès d’actu Lyon.
Il constate que 95% des libéraux de la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) du 6ᵉ arrondissement de Lyon participeront à la grève, entraînant des fermetures de cabinets. Mais plutôt sur une à trois journées : « En pleine épidémie de grippe, c’est compliqué de suivre les dix jours de grève. Il y a une telle tension, on ne veut pas laisser de patient sur le carreau alors que SOS Médecins et le 15 sont débordés. »
Dans le Rhône, les premières estimations évoquaient entre 40% et 60% de grévistes. De quoi compliquer les prises en charge médicales jusqu’au 15 janvier au moins. « Ça nous embête d’en arriver là. C’est pour nos patients qu’on le fait, pas pour nous. »
« On veut continuer de soigner normalement »
« En tant que libéraux, on a tout à y perdre. Mais on veut continuer de soigner normalement, sans logique comptable », explique le généraliste.
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Les grévistes déplorent un budget de la Sécu insuffisant face à des besoins croissants, un contrôle accru des prescriptions d’arrêts de travail ou des mesures permettant aux autorités de baisser « de façon autoritaire » les tarifs de certains actes, en « contournant » le dialogue social. Ils craignent également la restriction de leur liberté d’installation, objet de textes en cours d’examen au Parlement.
Une manifestation organisée par l’intersyndicale de la médecine est prévue à Paris le 10 janvier prochain. L’examen du projet de loi sera discuté mardi 13 janvier à l’Assemblée Nationale.
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