Patrick Michaux, 68 ans, ne s’attendait sûrement pas à cette « galère » quand il a pris la route avec son épouse depuis Louannec (22) à 16 h 15, lundi, pour rejoindre Nantes. Prévoyant, le couple avait réservé une chambre d’hôtel près de l’aéroport, son vol pour une semaine de vacances à Marrakech partant très tôt dans la matinée, à 6 h, avec un enregistrement à partir de 4 h 30.

« La route, c’était un véritable enfer »

En voiture à 16 h 15, les deux Bretons ont vite compris que ce début de voyage ne serait pas des plus simples avec des conditions de circulation délicates à cause de la neige. Mais pas à ce point… « La route, c’était un véritable enfer », résume Patrick Michaux, « très surpris de voir circuler des camions, même à double remorque, entre Rennes et Nantes. Certains se mettaient en travers de la route et il n’y avait aucune sableuse ». Lui aussi a failli finir dans le fossé : « À un moment, la gendarmerie nous a fait changer de direction. On s’est retrouvé sur des routes totalement verglacées, de véritables miroirs. J’ai dû faire une marche arrière sur plus d’une centaine de mètres car je n’ai pas pu monter une côte ». Plus de peur que de mal pour une arrivée à l’hôtel vers 23 h 15, soit sept heures de route, plus du double qu’en temps normal.

« Tous les distributeurs étaient vides »

La galère s’est poursuivie quelques heures plus tard, ce mardi matin, avec « un grand bazar » à l’arrivée à l’aéroport, où aucun avion n’avait décollé ou atterri depuis la veille au soir. « Des gens sont là depuis hier après-midi. Il y avait, semble-t-il, 2 000 personnes dans l’aéroport la nuit dernière, et une centaine de matelas ont été distribués ». Pour les autres, des lits de fortune, sur des sièges, à même le sol ou sur des tapis d’enregistrement…

La nuit dernière, dans l’aéroport de Nantes.La nuit dernière, dans l’aéroport de Nantes. (Photo Patrick Michaux)

Prenant leur mal en patience, avec aucune information concernant leur vol par leur compagnie aérienne, Volotea, les deux Bretons se sont vus proposer des tickets pour se restaurer. « La première fois que j’ai tenté d’en avoir, on m’a dit que la distribution était impossible car les magasins avaient été dévalisés. Et tous les distributeurs étaient vides, ou presque. Ensuite, vu qu’il y avait au moins trois quarts d’heure d’attente pour récupérer un ticket et au moins autant pour acheter à manger, on a abandonné… »

Ce mardi midi, Patrick Michaux et son épouse, compatissants envers les familles avec des enfants en bas âge, étaient toujours dans l’inconnu dans un aéroport « complètement bondé. Il n’a pas fermé ; donc, tous les gens qui n’ont pas été prévenus que leur vol était annulé ou retardé continuent d’arriver ». Et sans vouloir repartir : « L’accès à l’aéroport est si compliqué que les gens qui y sont, contents d’être arrivés en entier, ne veulent pas partir. Nous aussi, on se demande ce qu’on va faire si le vol est reporté dans deux jours », confiait Patrick Michaux en début d’après-midi. Quelques minutes avant une annonce, enfin, leur indiquant que la totalité des vols de l’aéroport de Nantes était annulée. « Il va falloir partir chercher des informations », avouait, fataliste, le Costarmoricain.