Une nouvelle réunion des alliés de l’Ukraine, la Coalition des volontaires, s’est tenue à Paris, ce mardi. Une trentaine de dirigeants européens, du Canada, des membres de la Commission européenne et de l’Otan se sont retrouvés à l’Élysée en présence du président ukrainien et des émissaires états-uniens : Steve Witkoff et Jared Kushner.
L’objectif de cette rencontre reste la même : se mettre d’accord sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine en cas de fin de la guerre. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump souhaite obtenir un accord de paix et mettre un terme à l’invasion russe qui dure depuis février 2022.
À la fin de la journée, le président français, le premier ministre britannique, Keir Starmer et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky ont signé une déclaration d’intention sur le déploiement d’une force multinationale après l’arrêt de la guerre en Ukraine.
Elle doit « apporter une forme de réassurance le jour d’après le cessez-le-feu », a défendu Emmanuel Macron à l’issue de la réunion. Sur France 2, le président de la République a annoncé le déploiement de plusieurs milliers de soldats français dans le cadre de la future force internationale qui devra être opérationnelle une fois la paix signée entre l’Ukraine et la Russie.
Zelensky salue du « contenu concret »
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky a salué ce mardi l’élaboration de « documents substantiels » sur les garanties de sécurité occidentales pour l’Ukraine, à l’issue de la réunion des pays soutenant Kiev. « Il est important que la coalition dispose aujourd’hui de documents substantiels, et pas seulement de paroles », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, se félicitant de son « contenu concret » démontrant une détermination à « œuvrer pour une sécurité réelle ».
Après plusieurs tentatives diplomatiques et un projet annoncé par Washington en novembre autour de 28 points, passé à 20 points, les négociations se poursuivent avec Moscou, Kiev et les principales puissances européennes.
À Paris, ce sommet devait dessiner le cadre d’un partenariat entre la Coalition des volontaires et les États-Unis « dans l’apport de ces garanties de sécurité », une fois un cessez-le-feu « entré en vigueur », selon le texte débattu et révélé par l’AFP. Ce document devrait être cosigné par la trentaine de dirigeants de cette alliance, essentiellement européens.
Les États-Unis superviseraient le cessez-le-feu avec une « participation » des membres de la Coalition. Les dirigeants de cette coalition avancent la présence d’une « force multinationale pour l’Ukraine » formée par les pays volontaires de la Coalition.
De nombreuses interrogations subsistent sur la plupart des propositions émises. Pour Samuel Charap, politiste à la Rand Corporation : « Que le gouvernement américain assume la responsabilité de surveiller le cessez-le-feu est potentiellement très problématique. Les États-Unis disposent sans aucun doute de capacités de renseignement exceptionnelles. Mais ils ne sont pas une partie neutre dans ce conflit, malgré leurs récents efforts de médiation. Nous ne pouvons pas jouer de manière crédible le rôle de tiers chargé de contrôler le cessez-le-feu. »
Moscou ne changera pas de position
L’hypothèse que des membres de l’Otan puissent être déployées en Ukraine dans le cadre d’une force multinationale apparaît peu réaliste. Les autorités russes ont déjà à plusieurs reprises rejeté de telles initiatives en rappelant les « racines » de « l’opération spéciale » (terme qui désigne en Russie la guerre en Ukraine).
Parmi les lignes rouges et les garanties de sécurité russe : la neutralité militaire de Kiev, sa non-adhésion à l’Otan et une véritable négociation sur l’architecture de sécurité européenne et globale sont les priorités. « Je ne vois toujours pas ce qui conduirait la Russie à changer de position sur le déploiement d’un contingent occidental en Ukraine », note le directeur de l’Observatoire franco-russe, Arnaud Dubien.
Ces dernières semaines, à l’occasion de sa conférence de presse annuelle et lors de nombreux déplacements, le président russe a répété que la Russie atteindrait ses objectifs en Ukraine par la voie des négociations ou par celle des armes. « Nous devons éliminer les causes profondes du conflit afin de garantir que rien de tel ne se reproduise à l’avenir et qu’une paix durable et viable s’installe », avait déclaré Vladimir Poutine, le 19 décembre. Les autorités restent donc prêtes à poursuivre les combats, une cinquième année, si nécessaire.
Le chef d’État-major français s’est félicité aujourd’hui des « travaux militaires en cours, menés depuis des mois avec notre coalition et en lien avec les États-Unis ». Ils « appuient les démarches politiques pour mettre en place une paix durable sur notre Continent ». Un vrai dialogue sur la sécurité collective en Europe apparaît incontournable devant l’engrenage militaire. « Pour une fois, je voudrais qu’Emmanuel Macron pense ”en Européen”. À l’échelle du continent dans son ensemble. Russie comprise. Puissions-nous éviter de répéter les mêmes erreurs qu’après 1991 ! », estime Arnaud Dubien.
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