Quand il a quitté son domicile de Bourg-des-Comptes, au sud de Rennes, ce lundi 5 janvier 2026 à 6 h 30, Olivier Guesdon n’imaginait pas qu’il ne serait de retour chez lui qu’à 23 h 30. Pourtant, comme beaucoup d’habitants du sud de l’Ille-et-Vilaine, le couvreur de profession a été piégé par les conditions chaotiques de circulation provoquées par l’épisode intense de neige qui a déferlé sur la Bretagne.

Parti de Montgermont, siège de son entreprise, au nord de Rennes, sur les coups de 16 h, il lui a fallu sept heures pour rallier son domicile, à 35 kilomètres de là. Autant qu’à pieds, si l’on se fie aux estimations de Google Maps. À bord de son utilitaire de 3,5 tonnes, Olivier Guesdon a d’abord déposé son fils, avec qui il travaille, à Pont-Péan. Qu’il n’a atteint qu’à 20 h 30. Au menu : neige et routes bouchées. Pourtant, il ne s’agit là que du premier épisode de la galère.

« Dans la forêt, c’était le carnage, il y avait des voitures partout »

Le deuxième commence dans la foulée. Pour rentrer chez lui, il tente d’abord de prendre la voie express, direction Nantes. « Elle était complètement bouchée, alors j’ai pris une route de campagne que je connais, celle qui va de Laillé à Bourg-des-Comptes. » Problème, la route est sinueuse, ombragée et, surtout, vallonnée. Un mauvais mélange les jours de neige et de verglas. « Dans la forêt, c’était le carnage, il y avait des voitures partout, raconte Olivier Guesdon. Puis, on s’est retrouvé bloqué dans une côte avec 30 autres automobilistes. Un camion chargé comme le mien, à la première côte, c’est fini ».

« Ne vous inquiétez pas, on ne vous laissera pas là »

Une saleuse tente alors de dégager la route. Peine perdue, elle aussi se trouve bloquée. « J’ai failli laisser mon camion sur place, mais il y a beaucoup de matériel dedans, j’avais peur des vols ». Leurs sauveurs ont débarqué à 22 h 30. Lundi soir, les héros ne sont pas venus en « Batmobile », mais avec des tracteurs. Et quatre roues motrices beaucoup plus agiles sur routes glissantes. « Trois agriculteurs sont arrivés avec leurs tracteurs et nous ont dit : « Ne vous inquiétez pas, on ne vous laissera pas là, on va remonter tout le monde » ». Pendant près d’une heure, les trois tracteurs font des allers-retours dans la côte. À l’aide de cordes, ils remontent les automobilistes les uns après les autres. À la chaîne. « La saleuse a aussi été remorquée, rapportait la maire de Laillé, Françoise Louapre, ce mardi matin. Heureusement qu’ils étaient là. »

« Je vais essayer de les retrouver pour les remercier »

Une fois en haut de la côte, Olivier Guesdon a pu rejoindre son domicile. Il est alors 23 h 30. « Sans les agriculteurs, je serais rentré à pied, en pleine nuit, dans la forêt avec les renards, rigole le Bourgcomptois. Je n’ai même pas su qui ils étaient, je vais essayer de les retrouver pour les remercier. » En attendant, ce mardi matin, Olivier Guesdon a laissé son camion au chaud dans son garage. « Je ne me ferai plus avoir. La prochaine fois qu’il neige, je reste à la maison. »