Pour cette soirée à l’affiche éclectique mais séduisante, l’Olympia s’est parée de ses plus beaux atours, et nombre de spectateurs – comme de simples passants – immortalisent le lettrage rouge légendaire sur la façade. Une très belle mobilisation s’annonce pour le premier groupe à monter sur scène, Bloodywood, dans cette salle mythique.

Bloodywood

Au fil de leurs apparitions en festivals ces dernières années, Bloodywood a rallié à sa cause un metalcore unique, fortement saupoudré de sonorités indiennes. Un certain nombre de personnes dans l’audience sont d’ailleurs venues pour eux – voire uniquement pour eux. Une énergie décoiffante s’empare de la scène et de la foule, quasiment dès le premier titre. Chaque membre du groupe incarne un rôle, une énergie, et l’ensemble forme une tornade, portée principalement par les deux chanteurs, dans un équilibre formidable.

Le public est si déchaîné qu’il devient difficile pour les photographes de faire la mise au point sur un sol tremblant sans discontinuer. Dans un set un peu trop court, Bloodywood nous interprète notamment Bekhauf, remarqué pour le duo avec Babymetal. Le titre, centré sur la thématique de la peur, est introduit par les chanteurs qui invitent le public parisien à en faire une force et à transformer cette énergie en quelque chose de positif : “The choice is yours, Paris!”

Un moshpit furieux ponctue cette performance intense, qui permet de voir les six membres sur scène : deux guitaristes, un batteur (en arrière-scène, mais à la belle présence), un percussionniste, et les deux chanteurs, aussi différents que complémentaires. La puissance rythmique, l’empreinte groove metal, le flow nu metal, et évidemment la touche indiancore très entraînante rendent Bloodywood tout à fait unique, sans jamais tomber dans le cliché. Le set se termine en feu d’artifice sur Machi Bhasad, célébrant une nouvelle étape dans le lien entre Bloodywood et son public français.

Setlist de Bloodywood :

  1. Gaddaar
  2. Aaj
  3. Dana Dan
  4. Bekhauf
  5. Nu Delhi
  6. Halla Bol
  7. Machi Bhasad

Halestorm

Après un tombé de rideau du plus bel effet, accompagné de jeux d’ombres portées, le groupe originaire de Pennsylvanie fait son apparition. Et c’est le feu dès Fallen Star, issu du dernier album Everest, sorti début août 2025. Lzzy Hale balaie tout sur son passage de sa voix puissante et mélodieuse, sa magnifique Gibson Signature Explorerbird rouge en mains, tandis que Joe Hottinger, avec une Les Paul Custom verte, rayonne d’énergie et de positivité sous des lumières crues et des riffs acérés.

La chanteuse, en cuissardes interminables et parfaitement dans le ton du morceau suivant, enchaîne avec le tube I Miss the Misery, qui fait littéralement décoller l’ambiance de l’Olympia. Un moment à la fois nostalgique et électrisant. Josh Smith, le bassiste plus réservé, fait des merveilles sur Do Not Disturb, qui suit le banger Love Bites.

La soirée se poursuit sans le moindre creux d’énergie. Vient alors Watch Out, un titre récent aux accents blues, mâtinés d’un rock presque punk. La pêche inépuisable d’Arejay Hale, le batteur, y est pour beaucoup. Tout au long du set, il s’amuse avec ses baguettes, en hauteur derrière son kit. Au fil des morceaux, le public parisien se laisse totalement embarquer. Les nombreux instants où Lzzy et Joe se rejoignent sur scène renforcent encore cette complicité touchante. Quel duo, sur scène comme à la ville !

Je suis particulièrement émue par la performance de Familiar Taste of Poison, avec ses nuances vocales qui dévoilent toute la puissance de Lzzy Hale. Les paroles, mêlant dépendance et emprise, ajoutent un vrai moment d’émotion dans la salle. La connivence entre le groupe et le public est palpable. Un sentiment de spontanéité s’installe, notamment lorsque Lzzy récupère un soutien-gorge rouge lancé par une jeune femme dans le public. Il restera accroché à son pied de micro jusqu’à la fin du concert.

La setlist fait la part belle aux classiques du groupe, tout en présentant plusieurs nouveautés, ainsi qu’une reprise dédiée à Ozzy Osbourne, interprétée juste après que Lzzy ait tombé la veste. Après Freak Like Me et un solo de batterie impressionnant – Arejay ne déçoit jamais –, on a la chance d’entendre Everest, du nouvel album éponyme. Le rappel offre trois titres supplémentaires, dont Here’s to Us, qui vient clore cette soirée forte en émotions. Un Olympia debout, ovationnant longuement Halestorm… mais aussi la superbe prestation du collectif Bloodywood.

Setlist de Halestorm :

  1. Fallen Star
  2. I Miss the Misery
  3. Love Bites
  4. Do Not Disturb
  5. Watch Out
  6. Perry Mason (reprise d’Ozzy Osbourne)
  7. Like a Woman
  8. How Will You Remember?
  9. I Am the Fire
  10. Familiar Taste of Poison
  11. Rain Your Blood on Me
  12. Solo de batterie
  13. Freak Like Me
  14. Back from the Dead
  15. Killing
  16. Everest
  17. I Gave You Everything

Rappel :

  1. Darkness Always Wins
  2. I Get Off
  3. Here’s to Us