Lundi 5 janvier 2026, vers 16 h, la neige a fini par gripper tout ce qui roulait à Rennes et dans sa métropole. En milieu d’après-midi, le réseau STAR s’est arrêté net ! L’ensemble des bus a été rappelé au dépôt, laissant de nombreux usagers sans solution pour rentrer chez eux, parfois à plusieurs kilomètres de leur domicile.
En colère, un père de famille décrit une scène brutale pour son fils. « Le bus où il était s’est arrêté route de Lorient, devant le magasin B&M. Le conducteur a fait descendre tout le monde. Et c’était fini. » Parmi les passagers, son enfant de 11 ans qui rejoignait le Rheu à partir de Rennes s’est retrouvé seul. « Il a été laissé, avec d’autres personnes, sur le bas-côté, dans la neige. Le message, c’était clairement : débrouillez-vous ! »
Pour son aîné aussi en lycée technologique, la journée a viré au casse-tête. « À Rennes, certaines sorties ont été avancées. Les cours se terminaient à 16 h 10, sauf qu’il n’y avait déjà plus aucun transport. » Sans solution motorisée, le père a dû improviser. « Ma voiture était au garage. J’ai demandé à mon fils de rejoindre sa mère. Il a traversé une partie de Rennes à pied. Il neigeait, il faisait froid, les voitures glissaient. C’était inconscient. Il était transi de froid. »
D’un côté, on a dit aux bus de rentrer. De l’autre, on a dit aux gens de ne pas marcher. C’est totalement contradictoire. » le papa.
Sur les réseaux sociaux, la colère est montée très vite. Dans les commentaires, une Rennaise résumait un sentiment général. « Il aurait fallu interdire tous les transports en commun dès le matin, cars et bus compris. Là, on a laissé les gens partir travailler, puis on a tout arrêté en pleine journée. » Une autre usagère, Sarah, pointe elle un défaut d’anticipation. « On savait que la neige arrivait. Les transports scolaires ont été suspendus, mais pas les bus STAR le matin. Mon fils est resté deux heures dans le froid à la Poterie, avant qu’on puisse le récupérer. Ensuite, plus rien. »
Sur X, les messages affluaient dans le même sens, hier, après-midi. « On fait comment pour se rendre chez nous ? Je traverse Rennes à pied ? », interpellait un internaute. « Et ceux qui étudient à Bruz, on fait comment ? », demandait une autre. Du côté des conducteurs de bus, la CGT des Transports urbains de Rennes (STUR) reconnaît une situation très difficile, tout en rappelant les enjeux de sécurité. « À partir d’un certain moment, ça devient ingérable », explique Christian Demay, secrétaire et délégué syndical. « Un bus, surtout un articulé, sur la glace, ça chasse immédiatement. C’est extrêmement dangereux. Qu’est-ce qui était le plus risqué : continuer à rouler, finir au fossé, ou immobiliser les véhicules ? »
Le syndicaliste insiste aussi sur l’état du trafic lundi après-midi. « C’était rouge partout. Dantesque. » Au passage, il tient à préciser : « Les conducteurs ne sont pas rentrés chez eux. Ils sont restés disponibles, dans l’attente d’une éventuelle amélioration permettant une reprise du service. » Pour l’avenir, il évoque une piste de réflexion. « Dans ce type de situation, il faudrait pouvoir déposer les usagers dans des lieux sécurisés et chauffés. Près de Roazhon Park, par exemple, est-ce qu’on ne pouvait pas prévoir un point d’accueil, une salle ouverte ? » Il renvoie enfin une part de responsabilité vers l’ensemble des acteurs et autorités. « À midi, les prévisions météo étaient claires. Pourquoi les écoles et les entreprises n’ont-elles pas laissé partir les gens plus tôt ? Aujourd’hui, tout repose sur les bus, alors qu’eux aussi sont bloqués comme les voitures. »
À l’heure où nous écrivons ces lignes, le réseau STAR n’a pas encore répondu à nos sollicitations (comme à l’accoutumée!). Ce mardi 6 janvier 2026 au matin, malgré une amélioration progressive, la situation restait délicate par endroits, avec de la neige résiduelle et des plaques de verglas. Plusieurs lignes de bus ne circulaient toujours pas, notamment certaines dessertes suburbaines et scolaires, en direction de communes comme Le Rheu, Mordelles, Cintré ou Bruz, ainsi que des cars de secteurs périphériques fortement perturbées. Toutefois, la préfecture a annoncé la levée de l’interdiction de circulation pour les poids lourds de plus de 7,5 tonnes sur l’ensemble des routes nationales et départementales d’Ille-et-Vilaine. Des restrictions sont encore en cours : abaissement de la vitesse de 20 km/h et interdiction de dépassement.
