Dina a 8 ans lorsqu’elle quitte l’Afghanistan avec ses trois soeurs et ses deux frères. Heureuse d’être en France où « il n’y a pas de Taliban donc pas de problème », elle regrette sa maison et surtout son jardin : « Il y avait des oranges, des citrons et du raisin. Je préfère quand il est vert et pique, j’aime trop. Quand il y avait du soleil, on allait boire du thé près de la rivière, quand j’y pense ça me rend triste. »  À leur arrivée, les Taliban interdisent l’accès à l’école aux filles : « J’étais en colère, pourquoi les garçons continuent d’aller à l’école et pas les filles ? » Quand elle arrive en France, dans la classe de Monsieur Marchadour, la petite fille se réjouit : « Je vais apprendre des choses maintenant ! »

Les choses négatives en France selon les élèves de Monsieur Marchadour Les choses négatives en France selon les élèves de Monsieur Marchadour La liste des choses positives en France selon la classe de Monsieur Marchadour La liste des choses positives en France selon la classe de Monsieur Marchadour « Les filles sont oubliées en Afghanistan, c’est comme si elles n’existaient pas. »

Atifa habitait Kaboul, elle est partie depuis quatre ans mais les taliban la font toujours cauchemarder : « Dans mes rêves, je vois des morts, je vois des Taliban tuer ma famille. Maintenant j’ai des phobies : j’ai peur du noir et de dormir, parfois je ne dors pas du tout. Quand je suis sur mon lit, j’ai peur que des monstres viennent attraper mes pieds. » Pour l’apaiser, son frère lui présente les rêves comme un monde des possibles, où l’on peut faire ce qu’on veut : « Après, j’avais envie de m’endormir pour sauver l’Afghanistan, je lance les Taliban dans la lune. Parfois, je rêve que je meurs pour sauver l’Afghanistan, un jour, je le ferai vraiment. »

Ce qu’Aboubakar préfère à l’école, c’est apprendre des poèmes, comme celui qui dit que la poésie « ne sert à rien mais rend la vie plus belle, comme le tour d’un magicien ! » Il est heureux en France car les maîtres ne le tapent pas s’il ne sait pas sa leçon, contrairement à l’Afghanistan. Malgré tout, c’est là-bas qu’il veut vivre quand il sera grand : « Ma famille et l’Aïd me manquent, ici c’est des journées normales alors que nous on fait la fête. »

A l'école avec les Taliban, le dessin de Dina A l’école avec les Taliban, le dessin de Dina © Radio France – Alice Durieux « Si les garçons n’avaient pas les cheveux coupés, les Taliban leur rasait la tête et les tapait. »

Jahandukht  a fui le pays avec sa famille  : « On était en danger parce que mon père était journaliste », et les petites filles ne sont pas à l’abris : « Parfois, les talibans donnent de l’argent à des parents pour les obliger à marier leur fille. Parfois, ellesont quinze ans, parfois seulement dix ans. » Elle est en colère : « Eux [les Taliban], ils mettent n’importe quels habits, ils peuvent montrer leurs jambes et ils ont des cheveux longs. Mais nous, on peut pas. C’est pas juste, on n’a rien fait et les talibans font n’importe quoi avec notre pays. »

Merci à à tous les enfants interviewés et à leurs familles ; merci également à Matthieu Marchadour, à Hamida Aman de Radio Begum et à M. Gautier du collège Jacques Monod au Havre.

Musique de fin : « Zargiya », Javed Amirkhali, 2025

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