De Lee Miller au musée d’Art moderne de Paris à Martin Parr et Elton John au Jeu de Paume, en passant par Nan Goldin au Grand Palais et Valérie Belin à Deauville, découvrez les huit expositions photo majeures qui transformeront votre regard sur le monde en 2026.
L’année 2026 s’annonce comme un millésime exceptionnel pour la photographie en France. De Paris à Deauville, pas moins de huit expositions majeures investissent les plus prestigieuses institutions culturelles. Au programme : les légendes du photojournalisme avec Robert Capa au musée de la Libération et le regretté Sebastião Salgado à l’Hôtel de Ville, les rétrospectives intimistes de Nan Goldin au Grand Palais et Lee Miller au musée d’Art moderne, le regard satirique de Martin Parr au Jeu de Paume, les rêveries orientalistes de Youssef Nabil à Orsay, sans oublier les portraits troublants de Valérie Belin à Deauville et la collection privée d’Elton John. Des images qui éveillent, bouleversent et transforment notre regard sur le monde.
1. Martin Parr, toujours mordant
Après « Planète Parr » en 2009, le Jeu de Paume revisite l’œuvre si riche du photographe anglais récemment disparu, en quelque cent quatre-vingts œuvres. Le monde de Martin Parr est fascinant car la satire qu’il a fait de notre monde contemporain, si grotesque dans sa banalité même, est sans fin. Depuis les années 1970, il a mis le doigt sur nos comportements consuméristes, notre inconscience, nos égoïsmes, nos turpitudes. Son regard décalé et satirique, plein d’un humour ravageur, parfois même cruel, décrit une humanité pitoyable. Une ironie et des couleurs violentes qui réveillent.
« Martin Parr, global warning », Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, 75008 Paris, du 30 janvier au 24 mai
Martin Parr, Kleine Scheidegg, Switzerland, 1994, photographie ©Martin Parr/ Magnum photos
2. La guerre et Capa
Une exposition immersive du musée de la Libération de Paris nous plonge dans l’univers de Robert Capa, figure du photojournalisme de guerre.
« Robert Capa. Photographe de guerre », musée de la Libération, 4 avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy, 75014 Paris, du 18 février au 20 décembre
Robert Capa, Front de Ségovie, Espagne, fin mai/début juin 1937 © Gerda Taro © International Center of Photography/ Magnum Photos
3. Salgado, le Brésil à Paris
Récemment disparu, le Franco- Brésilien Sebastião Salgado bénéficie d’une rétrospective à la salle Saint- Jean de l’Hôtel de Ville de Paris.
« À Paris avec… le photographe Sebastião Salgado », Hôtel de Ville, 75004 Paris, du 21 février au 30 mai
3. Rebelle Nan Goldin
Cette rétrospective réunit l’œuvre de cinéaste de Nan Goldin : « Mes diaporamas sont des films composés de photos », explique-t-elle. On peut y voir The Ballad of Sexual Dependency (1985), mais aussi ce qui la fit connaître, The Other Side (1992-2021), hommage à ses ami.e.s trans. Sirens plonge dans l’enfer-extase de la drogue, et Memory Lost dans le sevrage, tandis que Syndrome de Stendhal s’inspire des Métamorphoses d’Ovide. Pour ceux qui n’avaient pu le voir en 2004 dans la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, Sisters, Saints and Sibyls, sur le suicide de sa sœur, est reprogrammé dans le même lieu.
« Nan Goldin, this will not end well », Grand Palais, 75008 Paris, du 18 mars au 21 juin
Nan Goldin, Self-portrait in blue bathroom (détail), London, 1980 © Nan Goldin
4. Les femmes de Valérie Belin
« Mon travail consiste à exagérer ce qui se passe à la surface des choses », dit Valérie Belin. Poursuivant : « Ce que je souhaite montrer, c’est le mensonge de la beauté. » Ses portraits ambigus ne sont en effet que des stéréotypes fabriqués : images numériques de visages trouvés dans les magazines ou de mannequins de vitrine que l’on peine à distinguer, émergeant d’un décor de fleurs. Femmes miroirs, femmes-icônes, froides et fascinantes. Les Franciscaines viennent d’acquérir l’une de ses œuvres, qui rejoint ainsi une autre exposition intitulée « Esprit Pop, es-tu là ? » où elle côtoie Andy Warhol et Martial Raysse.
« Valérie Belin – Les choses entre elles », Espace André Hambourg, 145 b avenue de la République, 14800 Deauville, du 24 janvier au 28 juin
Valérie Belin, Super Girl, série All Star, 2016, tirage pigmentaire, 173 x 130 cm ©Valérie Belin
5. Lee Miller la courageuse
À travers cent cinquante tirages originaux, cette rétrospective de l’œuvre foisonnante de Lee Miller (1907-1977) retrace son destin singulier, entre ténèbres et lumière. Personnage mythique, mannequin à New York, muse et partenaire créative de Man Ray avec qui elle invente la solarisation, amie de Picasso, épouse de l’écrivain surréaliste Roland Penrose, elle devient reporter de guerre en 1945, et ses images humanistes témoignent des horreurs qu’elle découvre à l’ouverture de Buchenwald et de Dachau. Elle se réinvente sans cesse, jusqu’à finir ses jours dans la campagne anglaise en concoctant des recettes de cuisine !
« Lee Miller », musée d’Art moderne de Paris, 11 Avenue du Président Wilson 75116 Paris, du 3 avril au 26 juillet
Lee Miller, Modèle avec une ampoule, Studio Vogue, Londres, 1943, Lee Miller Archives © Lee Miller Archives, Angleterre, 2025, tous droits réservés
6. Le rêve de Youssef Nabil
Le photographe franco-égyptien rêvait de faire dialoguer ses images avec les collections orientalistes du musée d’Orsay. Exaucé !
« Youssef Nabil. De rêver », musée d’Orsay, esplanade Valéry Giscard d’Estaing, 75007 Paris, du 19 mai au 13 septembre
7. La collection d’Elton John
Après Londres, les photographies modernes et contemporaines de la collection d’Elton John et David Furnish débarquent au Jeu de Paume, à Paris.
« Fragile Beauty », Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, 75008 Paris, du 12 juin au 27 septembre
Walter Pfeiffer, sans titre, 1975 © Walter Pfeiffer





