L’héritage, c’est devenu le mot magique dont se gargarise le monde du sport pour justifier les sommes qu’il demande aux collectivités pour organiser ses grands événements. Le Comité international olympique a publié en octobre 2025 un rapport sur la survie des équipements sportifs utilisés pendant les 53 éditions de Jeux olympiques de ceux d’Athènes en 1896 à ceux de Pékin à l’hiver 2022. Le CIO affiche fièrement que « 86 % des sites olympiques restent à ce jour en service. C’est la preuve manifeste de l’héritage à long terme des Jeux”. Quand on regarde dans le détail le rapport, on constate que la méthode de calcul est olympique, notamment en ce qui concerne ce qui nous intéresse, les vélodromes utilisés pour les Jeux.
En effet, si on prend l’exemple des Jeux de 1896, le vélodrome de l’époque (7000 places quand même !) est comptabilisé parmi les installations en activité alors qu’en réalité, il est devenu un stade de foot en 1925 puis reconstruit au même endroit pour les Jeux de 2004. De même, sur le site où se trouvait le vélodrome de Munich en 1972 se dresse aujourd’hui un palais des sports où sont joués des matchs de basket ou de hockey-sur-glace.
LE VÉLODROME LAISSE LA PLACE AU BIODÔME A MONTRÉAL
Le CIO joue encore plus sur les mots pour le vélodrome de Montréal en 1976, fini à l’arrachée. Il est compté comme en activité or, depuis 1989, le bâtiment est reconverti en Biodôme (inauguré en 1992), qui reproduit cinq écosystèmes rencontrés aux Amériques. Le CIO le compte peut-être comme son apport à la biodiversité.
Dans l’autre sens, le CIO qualifie de temporaire le circuit du Mont-Royal qui a accueilli la course sur route. C’est un peu la nature des circuits routiers tracés sur la voie publique. Mais ce circuit sera, en partie, celui du Championnat du Monde en 2026.
De 1896 à 2024, 28 vélodromes ont reçu les épreuves olympiques sur piste. La Cipale de Vincennes les a reçus deux fois et ne compte qu’une fois dans notre décompte. En 1912, la piste a été sortie du programme. En 2025, treize pistes existent toujours, parfois rénovées, même si le vélodrome de Mexico a failli être rasé pour construire un centre commercial cette année. Cinq ont changé de destination sportive et dix n’existent plus pour le sport. Depuis l’an 2000, tous les vélodromes sont toujours en activité, soit plus de la moitié des pistes toujours existantes.
Piste existante : 46%
Changement de destination sportive : 18%
Démolie : 36%
1896 changement de destination sportive, stade
1900 La Cipale, existe toujours
1904 changement de destination sportive, stade
1908 démolie
1912 pas de compétition sur piste
1920 démolie
1924 La Cipale, existe toujours
1928 changement de destination sportive, stade
1932 démolie, piste temporaire
1936 démolie, piste temporaire
1948 Herne Hill Velodrome, existe toujours
1952 existe toujours
1956 démolie
1960 démolie
1964 démolie, piste temporaire
1968 existe toujours mais menacée
1972 changement de destination sportive, palais des sports
1976 démolie
1980 existe toujours
1984 démolie
1988 changement de destination sportive, stade de foot
1992 existe toujours
1996 démolie piste temporaire
2000 existe toujours
2004 existe toujours
2008 existe toujours
2012 existe toujours
2016 existe toujours
2020 existe toujours
2024 existe toujours