L’ancien maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, a annoncé mercredi son incarcération après sa condamnation à quatre ans de prison ferme dans l’affaire de chantage à la vidéo intime visant son premier adjoint, et ce bien qu’il ait fait appel.
L’ancien maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau, condamné à quatre ans de prison ferme pour chantage à la sextape, a été incarcéré mercredi au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, a-t-on appris de sources concordantes.
Maire de Saint-Étienne et président de sa métropole de 2014 à 2025, Gaël Perdriau (ex-LR) indique sur son compte Facebook qu’il va «entrer en prison, conformément à la décision de justice qui a été rendue, dans le respect des institutions de notre pays». L‘élu a fait appel de son jugement du 1er décembre à cinq ans de prison, dont un an avec sursis, et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire. «Cette décision, je la vis comme une terrible injustice. C’est ainsi qu’elle résonne douloureusement dans mon esprit et dans mon cœur. C’est aussi pour cette raison que j’ai fait appel, avec l’espoir profond que la justice saura entendre ma voix», écrit-il mercredi.
Il «a été pris en charge à 10h30» au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse et a «été placé directement à l’isolement, à la demande de la justice qui souhaite que tous les mouvements soient bloqués chaque fois qu’il effectuera un déplacement à l’intérieur de l’établissement, notamment lors des parloirs», a précisé à l’AFP une source syndicale au sein de l’administration pénitentiaire. Son avocat, Me Jean-Félix Luciani, a indiqué vouloir demander «dès aujourd’hui» sa remise en liberté. Gaël Perdriau «remplit tous les critères» permettant de l’obtenir, a-t-il assuré.
Une incarcération avec exécution provisoire
Parmi les trois autres condamnés dans cette affaire, l’ancien adjoint à l’Éducation Samy Kefi-Jérôme et l’ex-compagnon de ce dernier Gilles Rossary Langlet, condamnés à trois ans de prison ferme, ont eux aussi fait appel. Seul l’ancien directeur de cabinet du maire, Pierre Gauttieri, qui a reçu une peine de deux ans ferme, n’a pas interjeté appel.
Le tribunal correctionnel de Lyon a jugé les quatre hommes coupables d’avoir comploté pour filmer un rival du maire à son insu dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un prostitué, d’avoir utilisé cette vidéo intime pour le museler, et d’avoir financé le piège avec des fonds publics. Il a prononcé à l’encontre de chacun une incarcération avec exécution provisoire, c’est-à-dire applicable même en cas d’appel.