Par&nbspGavin Blackburn&nbsp&&nbspEuronews

Publié le 07/01/2026 – 15:41 UTC+1
•Mis à jour
15:44

Des forces armées américaines ont intercepté ce mercredi dans l’Atlantique nord un pétrolier battant pavillon russe, poursuivi depuis plusieurs jours par Washington. Vers 13 heures – heure de Paris – le navire était à environ 200 km au sud de l’Islande.

Dans un message publié sur X, le commandement des forces américaines en Europe annonce que »le département de la Justice et celui de la Sécurité intérieure des Etats-Unis, en coordination avec le département de la Guerre, ont annoncé aujourd’hui la saisie du M/V Bella-1 pour violation des sanctions américaines. Le navire a été saisi dans l’Atlantique Nord en vertu d’un mandat délivré par un tribunal fédéral américain, après avoir été suivi par le USCGC Munro [navire des gardes-côtes] ».

Dans un deuxième message sur X, le commandement des forces américaines en Europe ajoute que « Cette saisie s’inscrit dans le cadre de la proclamation du président des États-Unis visant les navires sanctionnés qui menacent la sécurité et la stabilité de l’hémisphère occidental. L’opération a été menée par des composantes du département de la Sécurité intérieure, avec le soutien du département de la Guerre, illustrant une approche mobilisant l’ensemble des administrations pour protéger le territoire national ».

La Russie avait auparavant envoyé « un sous-marin et d’autres moyens navals » pour escorter le pétrolier, a rapporté mardi le Wall Street Journal, citant des responsables américains anonymes. Une information également relayée par CBS News.

Mardi, le ministère russe des affaires étrangères a déclaré qu’il « suivait avec inquiétude » la poursuite du pétrolier par les États-Unis. Avant l’annonce de l’escorte, le ministère a déclaré aux médias d’État que le navire naviguait sous pavillon russe et qu’il se trouvait loin des côtes américaines.

« Pour des raisons qui nous échappent, le navire russe fait l’objet d’une attention accrue de la part des armées des États-Unis et de l’OTAN, attention qui est manifestement disproportionnée par rapport à son statut pacifique », a déclaré le ministère.

Flotte fantôme au service de Moscou

Anciennement connu sous le nom de « M/V Bella 1 », le pétrolier, aujourd’hui appelé « Marinera », a échappé pendant plusieurs jours an blocus partiel des États-Unis autour du Venezuela.

Selon CNN, le navire avait été sanctionné par les Etats-Unis en 2024 pour avoir opéré au sein d’une flotte fantôme de pétroliers transportant du pétrole illicite pour ses liens présumés avec l’Iran et le Hezbollah libanais.

Selon Washington, le pétrolier a transporté du pétrole pour la Russie, l’Iran et le Venezuela en violation des sanctions imposées par les États-Unis et d’autres pays.

La télévision américaine rapporte que les garde-côtes américains avaient déjà tenté d’arraisonner le pétrolier en décembre, sans succès.

Elle affirme également que durant sa fuite, l’équipage aurait »peint un drapeau russe sur sa coque, affirmant qu’il naviguait sous protection russe ». Le bateau aurait été rebaptisé par la suite, et Moscou aurait déposé une demande diplomatique officielle pour que les Etats-Unis cessent de le poursuivre.

Deux autres pétroliers, l’ »Hyperion » et le « Premier », sous sanctions américaines et qui ont émis un signal en mer des Caraïbes proche du Venezuela dans la semaine écoulée, sont également passés sous drapeau russe en décembre.

Sources additionnelles • AFP