Par

Bertrand Dumarché

Publié le

7 janv. 2026 à 18h12

Ce midi, Frédéric David a jeté son lait. Responsable de la section laitière de la FDSEA 35, l’éleveur d’Ille-et-Vilaine n’a pas eu d’autre choix que de vider son tank après plusieurs jours sans collecte liés aux conditions météorologiques exceptionnelles.

Depuis plusieurs jours, les restrictions de circulation imposées aux poids lourds ont fortement désorganisé la collecte du lait dans le département, en particulier dans le sud de l’Ille-et-Vilaine. Si certaines tournées ont pu être assurées partiellement, d’autres n’ont tout simplement pas eu lieu, faute d’accès possible aux exploitations.

Des pertes financières lourdes

« Le lait peut rester 72 heures maximum dans les tanks. Certains ont été collectés dans le circuit traditionnel, mais la deuxième tournée n’a pas eu lieu parce que les accès étaient compliqués », explique Frédéric David.

Pour l’éleveur, la conséquence est immédiate : « Moi, par exemple, j’ai jeté mon lait ce midi après la collecte de dimanche. Ça représente 3 000 € de chiffre d’affaires perdus. »

Une perte financière lourde pour des exploitations dont la trésorerie est déjà sous tension, mais aussi un choc moral. « Il y a un problème psychologique énorme. C’est deux jours de travail jetés à la poubelle, et autant de personnes qui n’ont pas pu boire leur lait ou manger leur fromage. Je produis et je jette. C’est terrible. On est là pour nourrir les gens, pas pour jeter notre production. »

Vidéos : en ce moment sur ActuQui prend en charge ?

Dans un communiqué diffusé ce mardi 7 janvier, la FDSEA d’Ille-et-Vilaine rappelle que les éleveurs ne peuvent en aucun cas être tenus pour responsables de cette situation exceptionnelle. Les intempéries ont non seulement perturbé la collecte, mais aussi l’approvisionnement en aliments et le fonctionnement normal des exploitations.

Votre région, votre actu !

Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.

S’incrire

Si les images de solidarité, montrant des agriculteurs utilisant leurs tracteurs pour secourir des usagers de la route, ont marqué les esprits, les conséquences pour le monde agricole sont, elles aussi, lourdes.

« La question aujourd’hui, c’est : qui prend en charge ces pertes ? Les assurances rejettent la faute sur les collecteurs, les collecteurs sur la météo, et au final, c’est toujours l’agriculteur qui paie », déplore Frédéric David.

Face à cette impasse, la FDSEA 35 demande que les laiteries, l’État et les assurances prennent leurs responsabilités et mettent en place sans délai des dispositifs permettant l’indemnisation intégrale des pertes subies par les producteurs.

Pour le syndicat, il s’agit d’éviter que cette crise conjoncturelle ne vienne fragiliser durablement des exploitations déjà éprouvées par les hausses de charges, la volatilité des prix et les difficultés de trésorerie.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.