Par

Sandra Ratesson

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Chef de rubrique médias

A bientôt 38 ans, Sandra Ratesson en a vu défiler des émissions de télévision, des animateurs et des candidats de télé-réalité. Membre de la génération Club Dorothée, elle a vu l’apparition mais aussi l’extinction de nombreux programmes. La scène du rapprochement physique entre Loana et Jean-Edouard dans la piscine de Loft Story, elle l’a vu en direct grâce à un abonnement ADSL d’époque.

Augustin Trapenard, hôte de » La grande librairie », porte sur sa peau une phrase qui résonne étrangement avec son histoire familiale. Un tatouage qui dévoile une profonde angoisse personnelle liée à la transmission et à la mémoire. Voici ses confidences.

Tous les membres de la famille d’Augustin Trapenard ont eu la même fin de vie, il espère y échapper

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Augustin Trapenard présente ce soir un nouveau numéro de La grande librairie sur France 5. Cet ancien enseignant en littérature anglaise et américaine baigne depuis tout petit au milieu de livres, une passion familiale – sa soeur est éditrice, sa mère enseignante. L’homme de 46 ans voue donc un amour particulier pour les mots dits ou écrits. D’ailleurs, sur son corps, il a fait tatouer une phrase qui a une grande importance pour lui : « Le ciel et la terre disparaîtront, mais ma parole ne disparaîtra pas ». Une citation qui prend tout son sens lorsqu’il raconte son histoire familiale. 

« Cette phrase est issue de la Bible, extraite de la fin des temps. Elle résonne face à l’urgence qui est la nôtre, fait réfléchir au cataclysme qu’on est en train de vivre, la possibilité d’un effondrement… et ce que dit ce texte, c’est que quelque chose restera; de nous, mais aussi d’une parole. Qu’il y a des mots qui restent, qui comptent, gravés en nous. Cela invite à prendre conscience du poids des mots », explique-t-il dans un premier temps. Et à l’homme qui bénéficie d’une bibliothèque sublime dans son appartement parisien de poursuivre de façon plus intime : « Cette phrase résonne aussi personnellement car, dans ma famille, tout le monde a eu la maladie d’Alzheimer. Et c’est l’une de mes grandes angoisses : d’oublier ce qui me constitue. »

Mais il n’y a pas de quoi être fataliste. « De nombreux Français pensent que la maladie d’Alzheimer peut être héréditaire. Parmi une dizaine de facteurs de risque ou protecteurs existants, ceux qui ont répondu à l’enquête [étude menée par l’association France Alzheimer et maladies apparentées et le Pr Bertrand Fougère, gériatre au CHU de Tours, ndlr], ont placé le facteur héréditaire parmi les trois facteurs les plus importants. Or, la maladie d’Alzheimer n’est héréditaire que dans moins de 1 % des cas« , explique FranceAlzheimer.org.

La littérature a sauvé Augustin Trapenard

Augustin Trapenard a plusieurs fois expliqué ô combien la littérature a été vitale pour lui, n’hésitant pas à dire qu’elle lui a sauvé la vie. « C’est une expression que j’utilise volontiers, qui correspond au mal-être que j’éprouvais. Mais il me semble que c’est une expérience assez commune, en fait : l’enfance n’est pas forcément un moment joyeux, heureux, pour tout le monde. La littérature m’a aidé. Je m’y réfugiais sans cesse, de manière obsessionnelle. Dans ma famille, on disait toujours de moi : Augustin et ses livres’. » Un amour et une passion dont il a fait le métier !