La riposte est frontale. Dans un communiqué diffusé ce jeudi, l’Union de la gauche et des écologistes s’en prend vivement aux propositions dévoilées le même jour par Jean-Michel Aulas, qu’elle qualifie de « grande supercherie » et d’exercice mêlant « fausses informations, approximations et insinuations réactionnaires ».
Le clan de Grégory Doucet estime que ces annonces ont au moins le mérite de clarifier le positionnement politique de l’ancien président de l’OL, présenté comme un « homme politique de droite réactionnaire ».
Premier angle d’attaque : le projet de méga-tunnel sous celui de Fourvière évoqué par Jean-Michel Aulas. L’Union de la gauche affirme que le candidat assume désormais un partenariat public-privé, ouvrant la voie à une infrastructure à péage. Un choix dénoncé comme une « ségrégation sociale et territoriale », qui ferait peser le financement sur les usagers du quotidien.
Le texte pointe également l’absence de concertation avec la commune de Saint-Fons, pourtant directement concernée par une sortie d’infrastructure et ses impacts en matière de pollution.
Immigration et sécurité : une ligne jugée « dangereuse »
Sur le volet régalien, les propos de Jean-Michel Aulas sur la fin des squats et une « ville sans immigration clandestine » d’ici fin 2026 sont qualifiés d’ »absurdes et dangereux ». L’Union de la gauche y voit une méconnaissance des compétences municipales et une politique de fracture sociale, susceptible de créer davantage de précarité.
« Ce vernis social, réduit à des mesures de gratuité sans gain de service, ne sut pas à masquer la vision violente de Jean-Michel Aulas sur les questions d’accueil et de solidarité. Ce qu’il propose est clair : faire rentrer Lyon dans une traque aux immigrés », dénoncent les écologistes et leurs alliés.
Autre point de crispation : la gratuité de la cantine et du périscolaire, annoncée par Jean-Michel Aulas. Pour l’Union de la gauche, le coût réel serait d’au moins 30 millions d’euros par an, bien loin des estimations de 13,8 millions avancées par le candidat. En cause notamment : la perte des financements de la CAF et l’oubli du rôle central des associations d’éducation populaire, qui assurent environ 50% de l’animation périscolaire.
« Après l’acte I du Grand Stade, Jean-Michel Aulas signe l’acte II de l’emploi démesuré de l’argent public », tacle le sénateur écologiste Thomas Dossus, évoquant un projet « inutile » et financé au détriment d’autres politiques publiques essentielles. Le collectif rappelle qu’avec 30 millions d’euros, la Ville finance aujourd’hui plus de deux fois les subventions aux crèches associatives, les deux tiers du budget du CCAS, ou encore la moitié du soutien au secteur culturel.
« Lyon est une ville d’accueil et de solidarité », insiste Grégory Doucet, dénonçant des propositions jugées « brutales » et en rupture avec l’histoire sociale de la ville.