Façade © GP

Gilles Egloff ? Il fut longtemps le 2e maillon de « Diabolo Poivre », avec ses amis et associés Jérôme Fricker et Christophe Lemennais. Avec qui il ouvrit, au moins, « la Hache« , « Square Delicatessen« , « East Canteen », « l’Epicerie », « Jeannette et les Cycleux »,  « Tatzi« , « Chère Amie« , « la Corde à linge« , « Drunky Stork Social Club« , tous à Strasbourg, plus le « Bouillon Baratte » à Lyon.

Gilles Egloff © GP

Le voilà qui vire de bord, entame une nouvelle partie de sa vie, juste avant ses cinquante ans et reprend les Trois Chevaliers, cette jolie winstub de bord de quai au cadre baroque, avec ses miroirs chantournés, ses banquettes, son grand luminaire romantique sous la vaste table d’hôte du milieu de salle, son comptoir et, depuis sa grande baie vitrée, une vie imprenable, sur la cathédrale, le château des Rohan, le musée historique de Strasbourg.

Vue sur la cathédrale © GP

Lorrain bûcheur, natif de Metz et amoureux de l’Alsace depuis belle lurette, Gilles Egloff a eu l’intelligence de ne rien toucher à l’esprit du lieu, son charme de taverne soignée, ni à la cuisine dans l’esprit winstub, solide, « tradi » et régionale avec des mets classiques à peine revus au goût du jour. On se régale de poireaux mimosa, de salade mixte cervelas gruyère, d’escargots au beurre persillé comme de galettes de pommes de terre et saumon fumé.

Poireaux mimosa © GP

Le « fameux » cordon bleu maison au munster reste un des emblèmes de la demeure. Et le bibeles käse (le fromage blanc aux herbes, échalotes et ail), plus jambon et pommes sautées, les rognons de veau émincés à la crème et champignons flanqués d’exquis spaetzle maison, comme le monumental jarret de porc braisé au Picon, l’onglet à l’échalote et les lewerknepfle (quenelles de foie) font du bien par où ils passent.

Escargots © GP

On y ajoute le chapitre des douceurs, sans doute moins régionales que le reste, mais bien bonnes, comme les profiteroles au chocolat, la crème brûlée, le baba au rhum avec sa crème fouettée, le moelleux au chocolat avec sa glace vanille ou le sorbet framboise (un vacherin glacé ou un kougelhopf à l’identité seraient franchement bienvenus!).

Rognon de veau et spaetzle © GP

Et on louangera une carte des vins bien fournie tarifée sans méchanceté d’où l’on extirpe quelques pépite comme l’edelzwicker « Empreinte » (mêlant auxerrois et riesling), signé David Ermel & fils à Hunawhir ou encore l’admirable pinot noir V 2022 de Véronique et Thomas Muré à Rouffach. Assez pour se donner envie d’avoir ici son rond de serviette.

Profiteroles © GP

Aux Trois Chevaliers

3 Quai des Bateliers

67000 Strasbourg

Tél. : 03 88 36 15 18

Fermeture hebdo. : dim., lundi, mardi.

Carte: 45-55 €.

Site : www.auxtroischevaliers.com