Le président de gauche colombien, Gustavo Petro, et son homologue Donald Trump, qui s’invectivent par médias ou réseaux sociaux interposés, ont tenu leur tout premier entretien téléphonique ce mercredi.

Le président de gauche colombien, Gustavo Petro, et son homologue Donald Trump, qui s’invectivent par médias ou réseaux sociaux interposés, ont tenu leur tout premier entretien téléphonique mercredi faisant suite à des menaces répétées de frappes américaines en Colombie. Le ministère colombien des Affaires étrangères a le premier fait état de cet échange, le premier depuis le retour du républicain à la Maison-Blanche en 2025. Donald Trump a, de son côté, annoncé qu’il allait recevoir son homologue colombien à la Maison Blanche «dans un futur proche».

Le président Petro a appelé pour «expliquer la situation concernant les drogues et d’autres désaccords», a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, soulignant qu’il avait «apprécié son ton». Le président américain a ajouté qu’il avait «hâte» de le rencontrer.


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Le président colombien de gauche critique vivement l’action militaire du gouvernement Trump dans la région et accuse les États-Unis d’avoir enlevé le président vénézuélien Nicolás Maduro «sans base légale». Donald Trump lui a rétorqué qu’il devrait «faire gaffe à ses fesses», le qualifiant «homme malade» qui «aime prendre de la cocaïne».

«S’il n’y a pas de dialogue, c’est la guerre»

Le dirigeant colombien a déclaré lors d’un rassemblement de ses partisans qu’il prévoyait d’assister à la réunion à la Maison-Blanche, dont la date n’a pas été précisée. Devant la foule réunie place Bolivar à Bogota, Gustavo Petro a assuré qu’il pensait prononcer un discours «assez dur», mais qu’il l’a modifié après sa discussion téléphonique avec Donald Trump, qui a duré au moins une heure. Le dirigeant de gauche a affirmé avoir demandé à son homologue américain que «les communications directes entre les chancelleries et les présidents» des deux pays soient rétablies. «S’il n’y a pas de dialogue, c’est la guerre», a lancé Gustavo Petro au milieu des ovations. «Ils ont réussi à convaincre Trump que j’étais le roi de la fabrication de cocaïne. (…) Trump n’est pas idiot», a-t-il ajouté. Gustavo Petro a également indiqué dans son discours s’être entretenu il y a deux jours avec la présidente vénézuélienne par intérim Delcy Rodriguez, qu’il l’avait invitée en Colombie et lui avait proposé un dialogue «mondial» pour «stabiliser» le Venezuela.

Dans une interview accordée plus tôt à l’AFP, le vice-ministre colombien des Affaires étrangères Mauricio Jaramillo a averti qu’une escalade des tensions pourrait conduire à une «catastrophe» humanitaire sans précédent en Amérique latine.

La Colombie et les États-Unis sont des alliés militaires et économiques clés dans la région, mais leurs relations se sont tendues ces derniers mois. Le président américain a notamment qualifié son homologue de «baron de la drogue» et de «voyou». L’élu de gauche a répondu en annonçant vouloir porter plainte pour diffamation devant la justice américaine. Le secrétaire d’État Marco Rubio a pour sa part qualifié le dirigeant colombien de «fou». Les États-Unis ont également retiré en 2025 la Colombie de la liste des pays alliés dans la lutte antidrogue et révoqué le visa de Gustavo Petro et de plusieurs fonctionnaires colombiens.