Publié le
7 janv. 2026 à 18h50
On n’arrête plus l’ascension de ces deux jeunes passionnées d’architecture ! Après avoir eu l’honneur de participer à l’un des plus prestigieux événements au monde à Venise (la Biennale internationale), Rachel Rouzaud, de Saint-Macaire (Gironde) et sa confrère architecte (DE) polonaise exposent à présent leur travail à Paris, durant un mois et demi, jusqu’au 1er février 2026. Leur talent leur a permis de se distinguer une nouvelle fois dans le cadre d’un prix de la section architecture de l’Académie des Beaux-Arts de Paris !
Parmi les 4 finalistes de l’édition 2025 du Concours d’architecture
Le Palais de l’Institut de France accueille donc l’exposition Émulations II qui présente les projets des quatre finalistes de l’édition 2025 du Concours d’architecture de l’Académie des Beaux-Arts (Prix Charles Abella).
Ce concours propose depuis 2023 une thématique commune. Après Écritures en 2023, les candidats ont été invités l’an dernier à se saisir du thème Migrer.
« Sélectionnés parmi 50 candidatures reçues et 6 équipes présélectionnées à l’issue d’un appel à candidatures lancé en janvier 2025, les 4 projets finalistes de cette édition traduisent des compréhensions bien différentes de l’action et du concept de migration, mais tous ont néanmoins en commun d’opérer un déplacement par rapport à une définition traditionnelle, ou commune, de l’architecture », précisent les organisateurs.
Un travail parti d’un fait historique
Rachel Rouzaud et Bernadetta Budzik font donc partie de ces quatre projets finalistes. Leur travail s’intitule « La rivière et le placard ». « Nous sommes parties d’un fait historique, racontent-elles : pour la reconstruction de Varsovie, qui a été complètement rasée pendant la Seconde Guerre mondiale, les habitants envoyaient des pierres par la Poste. Certains envoyaient juste une pierre pour permettre la reconstruction de la ville. Et cette pierre a voyagé, ou par l’eau ou par les routes, parce que le système de chemins de fer avait été détruit. »

Le résultat est mis en avant sous trois formes dans l’exposition à Paris : un placard, un tapis et un film. ©transmis à actu.fr
Le travail de Rachel et Bernadetta raconte alors « un Grand Tour » suivant les voies d’eau d’un territoire, imaginé comme un hyperbassin versant au cœur de l’Europe, des montagnes polonaises jusqu’à l’embouchure du Havre.
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« Notre partie raconte ce voyage entre les montagnes polonaises jusqu’au Havre en France, en suivant les cours d’eau, les rivières et canaux. L’objectif était de collecter sur la route des techniques de construction pour les présenter dans l’exposition », précisent-elles.
Nous considérons la destruction et la reconstruction de Varsovie comme un exemple de solidarité humaine et matérielle face à une catastrophe.
Rachel Rouzaud et Bernadetta Budzik
« Cette histoire est indissociable d’une géographie bien plus large. Nous nous sommes intéressées au fleuve en tant que vecteur de circulation des connaissances et des matériaux. La Vistule montre comment – des décombres chargés sur des barges aux briques récupérées par les voisins, en passant par les lits des rivières remodelés par le travail humain – le paysage et l’action humaine co-produisent des possibilités de reconstruction. »
Un placard, un tapis et un film
Le résultat est mis en avant sous trois formes dans l’exposition : un placard, un tapis et un film.

La structure en bois -appelée placard où sont présentées les techniques- a été réalisée en Gironde, entre Saint-Macaire et Cenon. ©transmis à actu.fr
« Avant d’être amenée à Paris, la structure en bois -appelée placard où sont présentées les techniques- a été réalisée en Gironde, entre Saint-Macaire et Cenon, dans l’atelier d’un maquettiste (M.Quilici) basé à Cenon, qui nous a aidées pour ce travail. »
Le projet qui a reçu le Prix Charles Abella
Jardins de l’immersion, Mathieu Lucas, avec Robin Meier et Thomas Bur : à partir d’une observation scientifique des mouvements et des dynamiques dans l’atmosphère, les six Jardins de l’immersion explorent les trajectoires de plusieurs agents : la brume, le plancton, l’eau verte, les spores et les poussières, l’azote et le carbone, les thermodynamiques. Suivre leurs migrations tentent de révéler des alliances inattendues, de nouvelles solidarités et la co-construction d’un monde fini où nous sommes intimement liés à l’ensemble du vivant.
Les trois autres projets de l’exposition étaient : arèneeurope d’Étienne Gilly et Gianluca Gadaleta ; Chambre souple d’Iris Lacoudre et Jardins de l’immersion de Mathieu Lucas, avec Robin Meier et Thomas Bur. C’est ce dernier projet qui a été retenu par le jury final du concours et qui a reçu le Prix Charles Abella, doté de 20 000 euros. Même si Rachel et Bernadetta n’ont pas reçu le prix final, cette nouvelle expérience rajoute une très belle corde à leur arc pour la suite de leur parcours respectif !
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