Le président états-unien Donald Trump a signé mercredi un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont nombre sont liées à l’Onu, car ces organisations ne serviraient plus les intérêts américains. Parmi celles-ci : le Giec et la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC, connue également sous l’acronyme anglais UNFCCC), traité fondateur de la lutte contre le changement climatique, adopté en 1992 et dans le cadre duquel ont été adopté le protocole de Kyoto et l’accord de Paris.

Ce retrait « isole les États-Unis des efforts de la communauté internationale pour préserver l’habitabilité de la seule planète sur laquelle vivent aussi les citoyens américains », souligne Jean-Pascal van Ypersele, pour qui « prétendre que la participation aux travaux de la Convention climat et du Giec serait ‘contraire aux intérêts des États-Unis’ est tout simplement insensé. »

Le climatologue belge, qui fut vice-président du Giec, rappelle que la création de l’organe scientifique « a été facilitée en 1988 par un accord entre Ronald Reagan et Margaret Thatcher, que l’on peut difficilement qualifier de ‘woke' ». « Le climat et l’environnement ne relèvent ni d’une idéologie ni d’un camp politique : ils concernent tout le monde », rappelle M. van Ypersele.

Le climatologue et professeur d’université souligne au passage que la région de Palm Beach, en Floride, où le président Trump possède sa célèbre résidence de Mar-a-Lago, « figure parmi les zones les plus vulnérables à l’élévation du niveau des mers due au réchauffement du climat. » Selon Jean-Pascal van Ypersele, la participation des scientifiques américains aux travaux du Giec est « essentielle ».

« Ce retrait rendra cette participation un peu plus difficile, notamment parce que d’autres pays devront compenser les pertes budgétaires, mais le Giec poursuivra son travail au service de toutes et tous », assure le climatologue belge.